Les Cannabis Social Club Français au Journal Officiel

C’est un peu le début d’une nouvelle ère qui commence, ce 25 mars 2013, avec des Cannabis Social Clubs Français qui s’inscrivent dans le paysage, et qui voit donc leur création validée par la publication au Journal Officiel.

Ce jour, les médias vont se faire l’écho de déclarations en Préfecture, un peu partout en France, de nouvelles associations locales formées sous le titre « Cannabis Social Club Français [localité]« … Un processus qui s’ouvre au grand jour, dans l’optique de tirer un premier bilan vers le 14 juillet, un an après la première assemblée constitutive des Amis du CSCF.

Sur internet, deux spots appuient la démarche de Dominique Broc, le porte parole des CSCF, qui sera en procès à Tours le 8 avril pour « usage, provocation à l’usage et détention ["sans autorisation administrative"]« . Il est toujours possible de lui manifester votre soutien directement, en participant à cette opération originale.

Une réelle émulation se produit actuellement, et pour preuve cette excellente idée de création d’un espace de coordination des « G33KS », en espérant qu’il puisse servir à renforcer le mouvement de réforme des lois anti-drogues.

Pour se détendre de manière licite, on peut télécharger légalement les podcasts de l’émission stupéfiante sur RadioPulse.fr.

Dépôt des statuts de l’association fédérative des Cannabis Social Clubs Français

Dimanche soir Itélé tentait une dernière fois de faire la Une le lendemain avec le sujet du jour : les « Cannabis Social Clubs Français ». Itélé a donc occupé son antenne ce lundi 4 mars avec l’exemple d’un « Cannabis Social Club » en Espagne où la loi est beaucoup plus permissive, « parce que la consommation dans un cadre privé est dépénalisée ».
Peut-être Manuel Valls pourrait s’en inspirer ?

Tandis que sur France Info tournaient en boucle plusieurs podcasts,

Dont celui d’Alexandre Grondeau présentant son roman Génération H sur France Info.

Au petit matin, sur France Culture Olivier Danzey lui aussi résumait bien la situation.

Plus proche du cratère, France 3 Région Centre avertissait, tandis que 20minutes tentait une sortie fracassante :

Du cannabis, ils en fument mais en prônent un usage modéré. Les membres du CSC revendiquent de pouvoir consommer et cultiver la marijuana afin d’éviter les circuits illégaux et de lutter contre le trafic. Pour cette transgression, ils risquent trente ans de réclusion criminelle et 750 000 euros d’amende comme le stipule l’article 222-35 du code pénal.

La préfecture donnera-t-elle son aval à la création de la fédération des cannabis Social Clubs? Rien n’est moins sûr. Le 21 février, le porte-parole des CSC, Dominique Broc, a été placé en garde à vue par la police à Tours. Ses cultures ont été détruites, son ordinateur saisi. Il doit comparaître le 8 avril prochain au tribunal correctionnel de Tours pour  » usage et détention illégale de cannabis ».

vidéo: Dominique Broc dénonce son procès en correctionnel et nous livre ses arguments en faveur d’une dépénalisation du cannabis (le lien vers la vidéo est cassé, mais on peut voir http://www.blog-video.tv/video-2353032617-Cannabis-Social-Clubs-Francais-.html

Prochaine étape pour le Cannabis Social Club, le 25 mars date à laquelle chaque CSC devrait se déclarer en association auprès de sa préfecture respective.

Roulement de tambour : La brève AFP arrivait donc à 18h11 et par tous les coins, comme ici sur ce site de geeks, comme en Une du Huffingtonpost coincé entre les 90 Unes mémorables du Time, un article sur les 5 idées reçues des français sur l’alcool » relevant ou révélant au passage :

Les Français estiment que l’alcool est plus dangereux que le cannabis, indiquait en février un sondage exclusif YouGov/Le HuffPost. À la question « laquelle de ces trois substances vous paraît la plus dangereuse: alcool, cannabis ou tabac? », les Français placent en tête l’alcool, pour 41% d’entre-eux. Suit ensuite le cannabis (35%) et le tabac (14%). Enfin, 10% des sondés ne se prononcent pas. Les Français semblent donc du même avis que Francis Cabrel. Le chanteur avait affirmé en octobre dernier: « le cannabis ne me paraît pas beaucoup plus nocif que le pastis »

Une tonalité comparable dans le JT de Canal Plus débutant sur le moral des français influencé par la météo, enchaînant par la question de la consommation d’alcool en France, pour finir vers 15’25 avec quelques images du dépôt des statuts de l’association fédérative des Cannabis Social Clubs Français suivies du reportage d’Itélé.

On s’étonnera que l’article du HuffPost agrémente cette brève AFP de 5 questions POUR / CONTRE, où les POUR sont à deux reprises étayés par des chercheurs sérieux, tandis que les arguments CONTRE sont biaisés (Imagine-t-on l’interdiction totale du téléphone portable responsable de conduite addictive et d’un facteur 3 pour les accidents de la route ?).

Et voilà cette fameuse brève AFP reprise par Le Figaro qui servira de base aux articles du monde entier qui vont, chacun à leur manière et parfois les commentaires, faire un éclairage de la situation de la « France cannabis ».

[Extraits de la brève de l'AFP] La fédération des Cannabis social club déclarée à la préfecture d’Indre-et-Loire

PARIS – Les statuts de la fédération des Cannabis social clubs, un mouvement prônant la dépénalisation du cannabis et l’auto-production, ont été déposés lundi à Tours, a annoncé à l’AFP un porte-parole, qui a affirmé y voir une première étape vers leur légalisation.
(…) Il s’agit selon lui d’un acte de désobéissance civile, destiné à faire reconnaître légalement leur activité.

(…)

Les statuts de la fédération prévoient une présidence collégiale, pour éviter que le seul président soit poursuivi.
(…)

Il estime à plusieurs centaines le nombre de Cannabis social clubs qui existent déjà en France. Le 25 mars, plusieurs d’entre eux devraient à leur tour se déclarer officiellement dans des préfectures.

Ces Cannabis social clubs ne visent pas à faire du business, mais à contrecarrer les trafics et les dealers, et à mieux contrôler la qualité du cannabis, afin de protéger la santé des usagers, affirme Farid Ghehioueche, autre fondateur des Cannabis social Clubs, créateur de l’association Cannabis sans frontières et ancien candidat aux législatives dans l’Essonne sous l’étiquette Cannabis santé liberté justice.

(AFP / 04 mars 2013 18h11)

Tir Groupé sur les « Cannabis Social Clubs Français »

C’est l’histoire d’une brève AFP qui fait boule de neige, et qui fera date pour les quidams qui n’auraient pas compris que le monde a changé, et pas seulement d’année : l’autre monde, l’ancien, le vieux totalement dépassé, ce monde de prohibition féroce avec la morale bien pensante mais peu efficace en bandoulière, ce monde s’est écroulé en 2012… Mais comme l’analyse Joep Oomen de l’ENCOD, il y a bien quelques questions cruciales qui restent en suspens dans ces mondes naissants. Une inquiétude concrètement partagée par Jean Pierre Galland qui nous indiquait sur le site Mauvaise Herbe en primeur de sa publication dans le prochain numéro d’ASUD Journal, « Pourquoi le moment est venu de légaliser le cannabis… Demain, il sera trop tard ».

Cette brève « les-cultivateurs-des-cannabis-social-clubs-vont-reclamer-leur-legalisation » aura eu un effet retentissant dont on retrouve trace ici, dans 20 Minutes, sur BFMTV, ou sur France24, sur la vitrine de Bolloré DirectMatin, dans la PQR comme L’Union-L’ardennais , Le Journal du Centre ou La Montagne, ou le Républicain Lorrain,  dans la presse nationale comme Libération, ou les hebdos comme Le Point relayé par la plateforme Yahoo.fr, L’Express ou le Nouvel Obs.

Loin du vulgaire copié-collé, moins importante aura été la déferlante avec cette analyse plus fine du phénomène qui secoue la planète : L’article de Stanislas Kraland pour le HuffingtonPost ouvrait davantage la perspective en comparant l’émergence de Cannabis Clubs outre-atlantique à celle des Cannabis Social Clubs sur le continent européen. On déplorera seulement que nulle part soit mentionné l’action engagée par l’ENCOD, ni même l’évocation de Pannagh en Espagne ou de Trekt uw Plant en Belgique.

Chacun y va aussi de son analyse sur AgoraVox, ou de sa pétition coup de tête sans effet réel, ou sur un blog personnel pour faire d’intenses confidences en guise de carte de voeux.

Une régalade de plus, que nous recommandons fortement pour sa finesse et sa pertinence, ce billet d’un auteur imaginaire (ou pas) Zakaria Boualem qui signe dans Tel Quel un véritable brûlot pour qui sait lire et lire entre les lignes de flottaison.

Il y a bien une marée montante qui dépasse le stade de la présentation habituelle sous un jour défavorable du cannabis et de ceux qui en prennent la défense, comme le démontre cet article de Sophie Caillat de RUE89 qui mesurait bien le quotient de cette vague… On veut, à différents niveaux, dans les médias, les cercles familiaux, les réseaux associatifs, les milieux économiques, la classe politique, chez Mr Tout-le-Monde, partout maintenant, on veut briser le tabou.

Rien n’est acquis pourtant, il faut raison garder face à la monstruosité de la tâche à accomplir avant que l’on puisse vraiment dire que la régulation du système, basée sur une approche pragmatique et innovante, est en oeuvre. Même si le sens que l’Union européenne veut donner à sa nouvelle stratégie plus d’humanité, en mettant en avant la prévention des risques et la réduction des dommages… Il n’est pas encore venu le temps où des responsables politiques s’engageront sur la voie en clamant ouvertement qu’il vaut « mieux vaut prévenir, que punir ».

Mais c’est le voeu que nous formulons pour cette nouvelle année civile, que partout l’on entende et dise : « mieux vaut prévenir, que punir », « mieux vaut prévenir, que punir », « mieux vaut prévenir, que punir »…

 

Les Cannabis Social Clubs se développent en France

Comme le démontre la liste des liens ci-dessous, cette première semaine de la trêve des confiseurs a été richement alimentée par le sujet du développement des Cannabis Social Clubs en France.

Tout d’abord, le jour de Noël, avec le cadeau de Camille Legrand dans le journal Le Monde :

- http://www.lemonde.fr/societe/reactions/2012/12/25/les-cooperatives-de-cannabis-sans-but-lucratif-aspirent-a-la-legalite_1810153_3224.html

Puis le 26 décembre, le 1945 de M6 consacrait 1 minutes 37 secondes, et sur le site Rue89, Sophie Caillat détaillait la démarche :

- http://www.m6replay.fr/le-1945#/le-1945/11266198-s01e361-cannabis-des-cultures-polemiques

- http://www.rue89.com/2012/12/27/les-cannabis-social-clubs-ne-veulent-plus-produire-cache-238115

Enfin, le jeudi 27 décembre, c’était au tour de TF1 de bétonner le sujet avec cette belle balise url :

- http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-cannabis-social-club-une-demarche-politique-et-pacifique-7743740.html

Reste à savoir comment les pouvoirs publics réagiront dans les semaines qui viennent, mais plus que jamais, l’union des amateurs et des amatrices du cannabis en tout genre est en marche pour obtenir le changement de la loi afin de garantir leurs droits, et des aménagements politiques pour mieux prévenir les risques et réduire les dommages liés à la consommation de drogues.

Parce qu’il est temps qu’une autre politique de régulation voit le jour, au Portugal pays souvent montrer en exemple pour les résultats de la politique conduite depuis 2001, les parlementaires du Bloc de Gauche viennent de finaliser leur proposition de loi pour encadrer l’offre et la demande de cannabis, en légiférant sur la base des Cannabis Social Clubs. De l’autre côté de l’atlantique, en Uruguay, le Président Mujica ardent défenseur d’une sortie de la prohibition pour lutter contre les organisations criminelles ne veut pas imposer « la dictature du cannabisssariat ».
Au Canada, avec le projet de loi présenté dimanche 16 décembre 2012, le gouvernement conservateur canadien souhaite cesser la production publique de cannabis au 1er avril 2014. Cette activité serait donc déléguée à des entreprises  privées. Joyce Murray, la députée libérale de Vancouver au parlement d’Ottawa, estime que ce projet est une « demi-mesure » et que seule la légalisation complète permettrait de trouver une solution aux problèmes actuels.

 

Interview avec Steve DeAngelo, fondateur du Harborside Health Center

Dans l’attente de la prochaine publication du RBH23 – La Gazette du Chanvre, pour accompagner l’enregistrement de la vidéo disponible ici, en voici la traduction.

Entretien avec Stephen DeAngelo

Invité à l’Expogrow d’Irun pour participer au Forum Social International du Cannabis, Stephen DeAngelo le fondateur du Harborside Health Center, a partagé quelques réflexions à notre stand.
Auteur d’une contribution fort intéressante à propos de la situation du mouvement de réforme des lois régissant la consommation de cannabis, qui serait à la croisée des chemins entre partisans du «bien être» et ceux de l’«intoxication».

Entretien réalisé à Irun, le 15 septembre 2012

Je pense qu’une bonne manière d’évaluer la portée des promesses d’un individu pour qu’il passe à l’action demain, est d’observer ce qu’il a fait auparavant. Malheureusement, ce qu’on a compris avec le président Obama, c’est qu’il nous avait promis en 2008 qu’il respecterait les lois locales permettant l’accès au cannabis médicinal et l’an dernier, il n’a pas tenu sa promesse en autorisant des procureurs fédéraux à fermer sur l’ensemble du territoire plusieurs centaines de dispensaires délivrant du cannabis.

Je ne pense pas que cela changera après les élections. Je pense plutôt que si nous voulons voir des changements, nous devons nous organiser sans se fier à Obama ou à n’importe qui d’autre au pouvoir pour le décider pour nous. Nous allons devoir faire pression sur Obama pour qu’il prenne la direction qui nous intéresse, mais il devra être pousser à faire ce pas en avant. C’est à nous de le guider sur cette voie, il ne saura pas nous l’indiquer.

C’est à chacun de nous de le pousser à faire ce choix. Or il est difficile de se mettre en mouvement, de bien appréhender cette période de changements. Il n’est pas facile de se déclarer publiquement en faveur du cannabis et pour des évolutions législatives. Mais si nous ne le faisons pas, alors il n’y aura jamais de changement. Pour changer, nous devons commencer par nous-même.

Une des raisons pour laquelle je suis en Europe, alors qu’il y a une montagne de problèmes en cours aux Etats Unis, c’est que je suis convaincu que nous n’arriverons jamais à changer les lois dans aucun de nos pays sans l’unification de nos forces pour changer les lois dans tous les pays.

[RBH]23 : As-tu déjà entendu parler des « Cannabis Social Club », as-tu connaissance de ce mouvement en plein essor en Europe ?

Oui. Mais avant d’arriver ici, j’avais entendu quelques rumeurs à ce propos, mais je n’avais pas vraiment pris la mesure de ce qui se passe réellement. Je suis très impressionné et bien inspiré par ce que je viens d’observer depuis mon arrivée : des gens qui s’organisent à la base, sans attendre que leurs gouvernants procèdent aux réformes, avec cette volonté de s’extraire du marché noir, tout en venant en aide aux personnes qui utilisent le cannabis à des fins thérapeutiques et qu’elles puissent disposer sans risque d’une qualité garantie.

Cela s’inscrit dans un mouvement global, du Nord au Sud des Amériques, à l’ensemble de l’Europe, et même maintenant en Afrique et en Asie. Les gens se regroupent, et disent qu’ils en ont marre, qu’ils n’attendront plus, qu’ils vont s’auto-organiser, et qu’ils pourront ainsi se démarquer du marché noir. Ils décident ensemble de leurs techniques de culture, pour produire et distribuer le cannabis de manière transparente. Ces groupes auto-organisant la production pour leurs besoins peuvent agacer leurs autorités locales, voire nationales, et peut-être même au niveau des Nations Unies…

La canebière à Marseille, l’Esplanade du cannabis à Paris.

« Esplanade du cannabis », c’est le nom par lequel les manifestants présents ont rebaptisé l’Esplanade de l’Arsenal, sur la Place de la Bastille, à l’issue du rassemblement « Pour la légalisation du cannabis ».

Deux banderoles décoraient la perspective, derrière les enceintes massives du Jumbo Rock Sound system animé par Ganja Tree, l’une présentant [RBH]23 – La Gazette du Chanvre, l’autre de l’ENCOD indiquant que « les lois antidrogues sont plus dangereuses que les drogues ». Sur un bord de l’Esplanade du cannabis, un micro stand du collectif Cannabis Sans Frontières proposait de la documentation en libre service, notamment pour présenter les Cannabis Social Clubs.

Parmi la foule bigarée, une personne travaillant dans une pharmacie à gratifier l’assistance à la fin de sa pause : « Merci aux organisateurs, lança-t-elle au micro, je retourne à mon travail pour distribuer les médicaments-poisons dont les français sont très friands, anxiolytiques, antidépresseurs… Arrêtons cette hypocrisie, vive la légalisation du cannabis ».

De l’intervention de Michel Sitbon, on retiendra l’anecdote de la mise à mort des Editions du Lézard, par la FNAC, décidant de retirer de ses rayons l’ensemble du catalogue des éditions, avec une circulaire qu’on peut retrouver dans la nouvelle édition du livre de Jean Pierre Galland « Fumée clandestine ».
De Francis Caballero, auteur de Legalize It aux éditions l’Esprit Frappeur, on retiendra qu’il défend la légalisation contrôlée, comme il combat la pénalisation et son contraire la simple dépénalisation de l’usage. Depuis vingt ans, il tente de faire avancer le débat et il semblerait que le député Daniel Vaillant soit aujourd’hui prêt à lui emboîter le pas. Même si on constatera que la présentation de son modèle d’une régie « Française du cannabis », sous monopole d’état pour répondre aux défis sanitaire et sécuritaire, n’a jamais soulevé les foules.

Bien au contraire, à la fin de la manifestation, un des participants furibond est intervenu pour dénoncer cette « collusion avec Babylone, c’est Babylone qui nous oppresse aujourd’hui et toi, tu veux reprendre ça pour ton business » demanda-t-il à l’organisateur. « Moi, je ne veux pas de Babylone dans mon business » hurlait-il dans son patois caribéen.

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Cannabis thérapeutique : peut-on encore laisser les gens souffrir au nom d’une loi obsolète ?

Une semaine avant que le débat s’enflamme à nouveau à propos de la politique des drogues et en particulier celle à l’égard du cannabis, peu de personnes avaient entendu les déclarations de Daniel Vaillant défendant la contribution thématique « Cannabis, le laxisme c’est de ne rien faire » dans le cadre du Congrès du Parti Socialiste de Toulouse.

Depuis les déclarations de Vincent Peillon sur France Inter et la polémique qui enfle chaque jour, peu de gens auront entendu les arguments des personnes gravement malades consommant du cannabis pour soulager leur état.
Pourtant, une brève de l’AFP (reproduite ci-dessous) avait inondée la France, sans être vraiment reprise. Dommage, cela aurait sans doute évité quelques écueils pendant dix jours !

Alors que s’ouvre aujourd’hui au Parlement européen, la conférence « Avancées pharmacologiques et utilisations thérapeutiques des Cannabinoïdes en médecine », les médias vont s’obliger à quelques contorsions, pour oublier que la veille, ils reprenaient en boucle les propos mensongers de Jean François Copé ou Manuel Valls assénant tous deux hypocritement que le « cannabis est un poison pour le cerveau »… Car à ce jeu de la démagogie politicienne et de l’hypocrisie française, avec le cannabis, plus les mensonges sont gros, plus ça passe !

Comme avec la mise en avant de pseudos sondages pour tenter de clore la polémique autour du statut légal du cannabis en démontrant que 65% des français seraient opposés à la dépénalisation.

Mais en posant leur unique question avec réponse binaire « Dépénalisation ? Pour/contre », les instituts de sondages qui travaillent à la fabrique de l’opinion ont-ils osé demander aux sondés :
- Accepteriez-vous d’aller en prison pour avoir consommer du cannabis ?
- Pensez-vous que la peine prévue d’un an de prison et 3750 euros d’amende se justifie pour le simple usage du cannabis ?
- Pensez-vous que la pénalisation de la consommation de cannabis soit utile en prévenir les dangers ?
- Pensez-vous que la pénalisation de l’usage du cannabis protège la jeunesse ?
- Pensez-vous que cette pénalisation soit efficace contre les trafics ? Pour lutter contre les discriminations ? Pour interdire l’accès aux mineurs ? Pour protéger la santé des usagers ?
- Accepteriez la condamnation de votre enfant à 8 mois de prison ferme, pour le délit d’usage simple en situation de récidive ?

Autant de questions qui ne seront jamais vraiment posées pour éviter d’avoir 95% des personnes opposées à la pénalisation…

Car disons-le une simple dépénalisation ne ferait qu’amplifier les problèmes sans apporter de solutions, tandis qu’avec la légalisation il est encore possible de fixer des interdits, si chers aux tenants du pouvoir.
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Ces malades qui, face à la douleur, consomment du cannabis (PAPIER D’ANGLE)

Par Cécile AZZARO

PARIS, 9 oct 2012 (AFP) – Malgré l’interdiction, des malades consomment déjà du cannabis à des fins thérapeutiques, soulignent des associations qui attendent beaucoup du gouvernement, au moment où une étude souligne ses effets bénéfiques sur la sclérose en plaques.

Un essai réalisé en Grande-Bretagne sur 279 patients tend à démontrer que la consommation d’extrait de cannabis en cachets permet aux personnes souffrant de sclérose en plaques, de diminuer leur raideur musculaire, de moins souffrir et de mieux dormir.

L’ancien ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant a exhorté vendredi son parti à s’engager sur la légalisation du cannabis thérapeutique qui permet « de soulager des hommes et des femmes » souffrant de « maladies neurodégénératives, de certains cancers ou du sida ».

La loi française interdit d’acheter, consommer, détenir, donner, revendre ou cultiver du cannabis. Le produit est classé parmi les stupéfiants dénués d’intérêt médical et ne peut donc être prescrit, rappelle la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

Pourtant, à l’étranger, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, ou encore certains états américains admettent la prescription de médicaments issus du cannabis, souligne Jean-Pierre Galland, porte-parole du Collectif d’information et de recherches cannabiques (CIRC).

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui estime que 1,2 million de personnes sont des usagers réguliers de cannabis, ne dénombre pas ceux qui le font à usage thérapeutique.

Pour Farid Ghéhiouche, porte-parole du collectif Cannabis sans frontière, « peut-être un million de personnes utilisent le cannabis pour apaiser leurs douleurs », comme celles souffrant de maladies dégénératives, de sclérose en plaque, de lupus, de polyarthrites rhumatoïdes, celles sous chimiothérapie ou séropositives.

« Parcours du combattant »

Or seuls les patients disposant d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU), délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), peuvent consommer, sans être poursuivis, un médicament contenant du THC (substance active du cannabis), le Marinol.

Fin octobre 2011, un peu plus d’une centaine d’ATU avaient été accordées pour ce médicament, et moins d’une cinquantaine refusées, selon l’ANSM.

Mais la demande, qui doit être faite avec l’appui de son médecin, est « un parcours du combattant », et la plupart des usagers préfèrent fumer la plante, car le Marinol « n’est pas assez puissant », affirme Jean-Pierre Galland.

Lorsque les pathologies sont lourdes, les traitements sont aussi importants et le cannabis soulage les « dommages collatéraux », explique Fabienne Lopez, présidente de l’association « Principes actifs », qui regroupe des malades consommant du cannabis.

Elle-même sous chimiothérapie après un cancer, elle souffrait de démangeaisons qui la faisait se gratter « jusqu’au sang », et de « crampes en permanence »: « J’ai découvert que si je fumais du cannabis, je n’avais plus de crampes ni de démangeaisons. »

Faute de pouvoir obtenir et consommer légalement, de nombreux malades sont dans l’illégalité, d’autant que beaucoup se lancent dans la plantation, note Fabrice Olivet, de l’association Asud (Autosupport des usagers de drogue).

C’est le cas de Fabienne Lopez, qui cultive uniquement pour sa consommation. Son médecin traitant la soutient et lui a écrit une lettre justifiant sa consommation de cannabis. Mais ce document n’a aucune portée légale.

« On parle souvent des deux ou trois personnes qui ont été jugées et dispensées de peine ou relaxées », mais la majorité sont condamnées à du sursis avec mise à l’épreuve et à des amendes, dit-elle.

caz/ng/nm

Le Blogueur d’Arte : Interview de Michael Knodt du Hanf Journal

Le Blogueur d’Arte était consacré dimanche 30 septembre à la question du cannabis « Silence, on fume », pour le voir ou revoir http://videos.arte.tv/fr/videos/le-blogueur–6950690.html

Où l’on retrouvera les interviews de nombreux amis de [RBH]23 – La Gazette du Chanvre, comme celle de Martin Barriuso en Espagne (Cf. le N°8 de [RBH]23), d’Olivier Asteggiano et Fabienne Lopez pour Principes Actifs, d’Anne Coppel auteure du livre « Sortir de l’impasse ».

En complément des sujets diffusés sur la chaîne franco-allemande, cet entretien de notre homologue outre-rhin et ami du Hanf Journal, Michael Knodt.

http://www.arte.tv/sites/fr/leblogueur/2012/09/30/michael-knodt-linformation-sur-le-cannabis-est-trop-peu-basee-sur-des-faits-reels/

Enfin de l’information sous un jour véridique.
Date(s) de rediffusion : Vendredi, 5 octobre 2012, 11h35.

 

Le Cannabis Social Club traverse l‘Atlantique

«Il faut nous prendre en main et nous donner les moyens de nous affranchir de l‘actuel système, défaillant, immoral et corrompu; j‘en appelle à tous les amateurs de cannabis: organisons-nous!». C‘est par cette déclaration volontariste que nos amis francophones au Canada reprennent à leur compte aujourd‘hui les évolutions constatées en Europe.

A l‘instar de Cannabis Sans Frontières, il existe outre-atlantique une force représentant les anti-prohibitionnistes lors des élections, le Bloc Pot, principalement implanté dans la province de Québec.
Selon le communiqué du Bloc pot, diffusé mardi 20 août 2012, c‘est forte de son expérience personnelle inspirée des pratiques européennes, que la cheffe du Bloc Pot a détaillé les ambitions de son parti en s‘appuyant sur un modèle de régulation et de contrôle de la production de cannabis, avec une organisation indépendante de l‘État, le Cannabis Social Club.
Pour les membres du Bloc Pot «un des apports indiscutables des Cannabis Social Clubs (CSC) est la réduction des risques, tant du point de vue de la consommation, puisque les utilisateurs ont accès à des substances non frelatées dont la qualité est contrôlée, que du point de vue légal, puisqu‘ils peuvent enfin accéder à la substance sans avoir de contact avec le crime organisé, ce qui diminuerait l‘ampleur du marché noir et, notamment parce qu‘il empêche l‘accès au produit aux mineurs et qu‘il impose une limite raisonnable de consommation, ce qui réduirait la probabilité de mauvaises utilisations du produit».

Nos amis canadiens ne se voilent pas la face, car il s‘agit bel et bien pour eux d‘assumer en quelque sorte le rôle de l‘État, en régulant et en contrôlant l‘ensemble des activités liées au cannabis, de la production à la consommation. Comme en Espagne et en Belgique, tous les échanges, pratiques et procédures sont documentés «en vue d’une démocratisation, voire d‘une implantation massive» rappelle le Bloc Pot, afin de «protéger les citoyens et de réduire les risques liés à cette activité».
Le Bloc Pot rappelle utilement la démarche globale en faisant deux parallèles intéressants: outre que la structure est à but non lucratif (OSBL), où personne ne tire de dividendes et régi selon les lois de l‘économie sociale, fortement inspiré du modèle de l‘«open source», où la production, dans l‘idéal, serait libre et ouverte au public.
Le Cannabis Social Club est donc une association de personnes qui, d‘un commun accord, fait le choix de s‘émanciper de la prohibition en se dotant d‘une structure autonome, gérée par une assemblée générale. Ensemble, ces individus investissent pour se procurer de l‘équipement adéquat, loger leurs activités et défrayer les coûts de la production ; ils exercent donc, à titre d‘entité indépendante, un contrôle sur toute la chaîne de production.

Dans son communiqué, le Bloc Pot considère que si «la masse critique d‘amateurs de cannabis, évaluée à plus d‘un million d‘individus, [...] cette dernière s‘organise et se solidarise, l‘application d‘un tel modèle au Québec, dont l‘efficacité a été plus que prouvée à l‘international, pourrait avoir d‘importantes retombées positives, avec pour première conséquence un assainissement substantiel du produit et de son industrie».

+ d‘infos sur le site du Bloc Pot: blocpot.qc.ca

Le CSCF: Une lueur d‘espoir dans les ténèbres de la prohibition

Le 14 juillet, près de Tours avait lieu une assemblée générale constituante destinée à officialiser le concept du Cannabis Social Club, sur les principes élaborés par ENCOD. Il s‘agissait de regrouper ceux qui en ont plus qu‘assez d‘un «no man‘s land» rejeté par la loi mais dont l‘existence est parfaitement connue. Et on peut considérer que c‘est un ultime mouvement de révolte citoyenne face à la remarquable négligence des pouvoirs publics. Partout, de nombreux usagers fuient le trafic, pour de multiples raisons, morales ou financières.
Mais contrairement à la propagande rebattue, ils sont parfaitement responsables de leurs actes. Il était donc normal qu‘ils tiennent à le faire savoir. Donc l‘existence de l‘association de fait, le Cannabis Social Club Français, a été votée à l‘unanimité.

De l‘ombre…

Un Cannabis Social Club suppose des principes contraignants, les adhérents doivent être irréprochables dans leurs agissements. Car c‘est également une démarche politique, revendicatrice. Il s‘agit de se regrouper par petites unités responsables, pour dans un esprit collectif subvenir tranquillement à des besoins définis préalablement. Tout doit donc être justifiable dans le processus aussi bien que dans le coût de fonctionnement qui est réparti entre les membres du CSC. Il y est interdit de faire du bénéfice financier, et si il y a abondance, le surplus doit facilement être traçable, si possible vers les réseaux thérapeutiques environnants. Ces clubs sont autonomes dans leur fonctionnement, aussi bien pour le recrutement des membres que dans leur gestion, bien sûr.

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