Tir Groupé sur les « Cannabis Social Clubs Français »

C’est l’histoire d’une brève AFP qui fait boule de neige, et qui fera date pour les quidams qui n’auraient pas compris que le monde a changé, et pas seulement d’année : l’autre monde, l’ancien, le vieux totalement dépassé, ce monde de prohibition féroce avec la morale bien pensante mais peu efficace en bandoulière, ce monde s’est écroulé en 2012… Mais comme l’analyse Joep Oomen de l’ENCOD, il y a bien quelques questions cruciales qui restent en suspens dans ces mondes naissants. Une inquiétude concrètement partagée par Jean Pierre Galland qui nous indiquait sur le site Mauvaise Herbe en primeur de sa publication dans le prochain numéro d’ASUD Journal, « Pourquoi le moment est venu de légaliser le cannabis… Demain, il sera trop tard ».

Cette brève « les-cultivateurs-des-cannabis-social-clubs-vont-reclamer-leur-legalisation » aura eu un effet retentissant dont on retrouve trace ici, dans 20 Minutes, sur BFMTV, ou sur France24, sur la vitrine de Bolloré DirectMatin, dans la PQR comme L’Union-L’ardennais , Le Journal du Centre ou La Montagne, ou le Républicain Lorrain,  dans la presse nationale comme Libération, ou les hebdos comme Le Point relayé par la plateforme Yahoo.fr, L’Express ou le Nouvel Obs.

Loin du vulgaire copié-collé, moins importante aura été la déferlante avec cette analyse plus fine du phénomène qui secoue la planète : L’article de Stanislas Kraland pour le HuffingtonPost ouvrait davantage la perspective en comparant l’émergence de Cannabis Clubs outre-atlantique à celle des Cannabis Social Clubs sur le continent européen. On déplorera seulement que nulle part soit mentionné l’action engagée par l’ENCOD, ni même l’évocation de Pannagh en Espagne ou de Trekt uw Plant en Belgique.

Chacun y va aussi de son analyse sur AgoraVox, ou de sa pétition coup de tête sans effet réel, ou sur un blog personnel pour faire d’intenses confidences en guise de carte de voeux.

Une régalade de plus, que nous recommandons fortement pour sa finesse et sa pertinence, ce billet d’un auteur imaginaire (ou pas) Zakaria Boualem qui signe dans Tel Quel un véritable brûlot pour qui sait lire et lire entre les lignes de flottaison.

Il y a bien une marée montante qui dépasse le stade de la présentation habituelle sous un jour défavorable du cannabis et de ceux qui en prennent la défense, comme le démontre cet article de Sophie Caillat de RUE89 qui mesurait bien le quotient de cette vague… On veut, à différents niveaux, dans les médias, les cercles familiaux, les réseaux associatifs, les milieux économiques, la classe politique, chez Mr Tout-le-Monde, partout maintenant, on veut briser le tabou.

Rien n’est acquis pourtant, il faut raison garder face à la monstruosité de la tâche à accomplir avant que l’on puisse vraiment dire que la régulation du système, basée sur une approche pragmatique et innovante, est en oeuvre. Même si le sens que l’Union européenne veut donner à sa nouvelle stratégie plus d’humanité, en mettant en avant la prévention des risques et la réduction des dommages… Il n’est pas encore venu le temps où des responsables politiques s’engageront sur la voie en clamant ouvertement qu’il vaut « mieux vaut prévenir, que punir ».

Mais c’est le voeu que nous formulons pour cette nouvelle année civile, que partout l’on entende et dise : « mieux vaut prévenir, que punir », « mieux vaut prévenir, que punir », « mieux vaut prévenir, que punir »…