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Faut-il légaliser le cannabis ? Panorama des prises de positions d‘un bord à l‘autre de l‘échiquier politique français.

Il y a l‘extrême droite

Pure et dure qui agite des chiffons rouges tel le rétablissement de la peine de mort pour les trafiquants de drogues et l‘enfermement des consommateurs. Pour qui n‘aurait pas bien compris, précisons que cette proposition frontiste mettrait la France au même niveau que la Chine ou l‘Iran… Pas sûr que cela permette de redorer le blason français. Lire la suite

Cannabis et HIV-Sida

«Bien sûr, je ne vais pas mourir sur le champ…»

Entretien avec une personne concernée

Quelque part, dans un appartement d‘un immeuble quelconque d‘une ville allemande, depuis plusieurs années, sans que personne ne puisse le remarquer, un grand criminel potentiel se terre. Non, pour fabriquer des bombes ou martyriser des enfants, mais seulement parce que cette personne atteinte du HIV-Sida cultive des plantes de cannabis.*

Andréas 48 ans, séropositif, nous attend dans l‘embrasure de sa porte d‘entrée pour nous accueillir chaleureusement.

[RBH]23: Bonjour Andréas

Andréas : Salut

[RBH]23: Depuis quand es-tu séropositif ?

Andréas : Je pense depuis 1990, mais on me l‘a confirmé qu‘en 1992 quand le virus s‘est déclaré.

[RBH]23: Quelle est la nature de ton traitement thérapeutique?

Andréas : Tous les matins, je prends des antiviraux en comprimé, et sur les conseils de mon médecin, du cannabis.

[RBH]23: Comment agit le cannabis ?

Andréas : Tout d‘abord, je dois dire que ça m‘aide à atténuer mes problèmes d‘estomac causés notamment par la lourdeur des médicaments et à retrouver de l‘appétit. Vous n‘avez pas idée de l‘impact positif que cette plante peut avoir, surtout lorsque vous vivez avec la douleur et les peines que vous ne pouvez pas supporter.

[RBH]23 : Que se passera-t-il si tu n‘as plus de fleurs de cannabis pour ta consommation ?

Andréas : Heureusement, je ne vais pas mourir sur le champ, mais c‘est un lent processus de dégradations. D‘abord mon estomac se rebelle à la prise du traitement et je perds mon appétit. Cela n‘est pas très grave sur un ou deux jours, voire une semaine, mais mon poids s‘en ressent. Parfois, je ne fais qu‘avoir des nausées avec l‘envie de vomir toute la journée. Je ne supporte plus ces pilules, ça joue directement sur mon état psychique. Petit à petit, les désagréments s‘enchaînent et c‘est vraiment pas beau à voir.

C‘est pour ça que je me suis lancé dans la production de mon remède, afin de limiter les conséquences des pénuries.

[RBH]23 : Est-ce que tu as tenté d‘obtenir une autorisation spéciale délivrée par le BFArm (l‘agence fédérale allemande du médicament et des services sanitaires) ?

Andréas (rires) : Il y a quelques années, j‘ai été arrêté en possession de substances illicites et cela m‘a valu une condamnation, même si je pouvais démontrer qu‘il s‘agissait d‘une auto médication. Je ne sais pas dans quel sens la situation évoluera, mais à partir du moment où la loi garantira mon intégrité, alors je ferai cette demande. Mais pour le moment, je ne veux pas éveiller les soupçons. Le pire, c‘est que j‘ai des contacts réguliers avec de nombreux patients qui sont suivis par mon docteur, et tous emploient du cannabis à des fins thérapeutiques comme moi. Mais pour ceux recevant leur traitement à domicile et dans l‘impossibilité de sortir, ils ne peuvent avoir recours ou cultiver du cannabis parce qu‘il y a les agents des services médicaux présents au domicile, qui ne souhaitent pas être associées à de telles activités, illicites.

Mais si je fais l‘effort d‘offrir quelques sommités fleuries, je risque d‘être considéré comme un revendeur par le tribunal et le juge. Mais si je ne fais rien, je me sens coupable de non-assistance à personne en danger. Tant que la situation restera bloquée de la sorte, je ne me vois pas vivre conformément à la loi. J‘en suis bien conscient et je dois faire avec.

[RBH]23 : Quelles sont les variétés que tu cultives ?

Andréas : Je fais au plus simple, sans me compliquer la vie. J‘ai de la « New York Diesel » sur un mètre carré et demi. Un terreau biologique, et des engrais bios aussi, c‘est tout. Mon seul luxe est d‘avoir installé un système pour extraire et filtrer l‘air, pour m‘assurer que personne dans le voisinage ne se plaindra de l‘odeur. Je fais deux récoltes par an pour couvrir mon auto-médication. Cela me fait environ 600 grammes par an, ce qui me permet d‘avoir environ un à deux grammes pour ma consommation quotidienne.

[RBH]23 : …C‘est sans doute la raison pour laquelle tu peux avoir de gros problèmes si tu te fais arrêter ?

Andréas : Oui, comme cela m‘est déjà arrivé il y a quelques années. Heureusement que je suis tombé sur un juge compréhensif, qui dans sa clémence ne m‘a condamné à ne payer qu‘une amende forfaitaire.

[RBH]23 : Comment se passe tes journées ?

Andréas : Le matin, juste après les premières pilules de mon traitement, je fume une petite pipe pour mon estomac. Après ça, je m‘allonge une heure, avec un estomac plein de molécules chimiques. Après ça, je peux enfin déjeuner et la journée peut commencer. Tant que je dispose de mes traitements, le légal et l‘illicite, ma vie quotidienne n‘est pas si différente d‘une autre personne. J‘ai un tas de choses à faire, et depuis deux ans, je suis en mesure d‘avoir un travail à temps-partiel.

[RBH]23 : Merci Andréas pour cet entretien, soit prudent et tout le meilleur pour la suite.

Andréas : Merci, et fais attention toi aussi.

* Cet entretien fait partie d‘une série de portraits d‘Andréas publiés au cours des cinq dernières années par nos homologues du Hanf Journal et que nous publierons dans les prochains numéros de [RBH]²³.

Image: © 2011 Peter Marks

CHEZ le libraire…

Lucie dans le ciel

Tom Verdier

Dans sa magistrale compilation sous forme de roman initiatique, Tom Verdier rassemble en 700 pages tout ce que l‘on doit savoir sur les substances psychédéliques, «de la pharmacopée des Indiens d‘Amazonie, aux expérimentations d‘Huxley ou Leary, en passant par les recherches et applications de la CIA». On y apprend beaucoup sur ces substrats ne créant «ni dépendance ni dangereux problèmes de santé», qui reviennent sur le devant des usages. La conclusion, que l‘on peut révéler sans déflorer l‘histoire, est que seule une légalisation, distribution réglementée et encadrée, permettrait de lutter contre les mafias qui dirigent les systèmes d‘approvisionnement.

Quand on referme ce faramineux ouvrage, se pose juste une petite question : where diamonds are gone ?

Lucie dans le ciel

Albin Michel

25 €

Philosophie pratique de la drogue

Patrick Pharo

La philosophie pratique englobe la morale et le politique, ce qui concerne l‘individu et le collectif. Avec une approche de sociologue phénoménologiste, Patrick Pharo, parle ici de l‘expérience des plaisirs liés à l‘usage des psychotropes, plaisirs devenus problèmes à cause d‘une pratique compulsive. Il s‘appuie sur les recherches des neurosciences, et relie l‘assuétude, phénomène complexe, à un dérèglement des «circuits de récompense», à une sorte d‘accident de la liberté. La consommation initiale relevant d‘un choix individuel de profiter, expérimenter, ce qui est assez banal et généralement contrôlé. Avec cette enquête, Patrick Pharo donne accès à une multitude de témoignages individuels formant un récit collectif commenté, dont le plan veut valoir outil analytique d‘un parcours de la dépendance. Puisque y sont abordés tous les problèmes qu‘on se pose habituellement à propos des drogues et des addictions. La voix anonyme des «dépendants» (il s‘agit ici principalement d‘héroïne) parle simplement d‘un goût ordinaire du plaisir, de récompenses de toutes natures, et du piège d‘un produit ou d‘une pratique qui procure immédiatement réconfort ou bien-être. Elle exprime aussi une perspective existentielle incompatible avec le dogmatisme et l‘arrangement idéologique de ceux qui défendent une cause. Est aussi abordé le sens des politiques publiques qui visent à obtenir une sortie supposée ou espérée de la dépendance. Ce qui pose le problème de la responsabilité collective dans une approche individuelle, en rejoignant ainsi les luttes des associations de réduction des risques.

Philosophie pratique de la drogue

Edition du Cerf – 37 €

Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable

Michel Henry

Ne pas oublier ce plaidoyer remarquablement documenté, dont la sortie a été quelque peu occultée par l‘interpellation protestataire de Stéphane Gatignon.

Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable

Denoël – 16€

Drogues: une seule solution, légalisation !

Depuis des années, différents gouvernements entendent mener une guerre totale à la drogue. Mais que ce soit en termes de consommation ou de santé publique, elle a fait la preuve de sa totale inefficacité.

En France, seuls le NPA et Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) se prononcent pour la légalisation.

Le 18 juin, comme chaque année, à l’appel du Centre d’information et de recherche cannabique (Circ), des rassemblements s‘organisent en France, dénonçant la politique de répression, demandant l’abrogation des lois anti drogues datant de 1970 et la légalisation du cannabis. La critique de la politique internationale de criminalisation et de « guerre à la drogue » est également venue ces derniers jours de l’intérieur même du système capitaliste. La Global Commission on Drug Policy, qui ne regroupe pas des adeptes de Bob Marley ou du sweat à capuche, mais des personnalités comme les anciens présidents brésilien Cardoso, colombien Gaviria, mexicain Zedillo, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, vient de reconnaître « l’échec » de la politique internationale actuelle. Elle déclare ainsi que «50 ans après la signature de la Convention de l’ONU sur les drogues et 40 ans après que le président Nixon eut lancé la guerre anti drogue du gouvernement nord-américain, il est urgent de réformer les politiques nationales et mondiales de contrôle des drogues» et constate que « les initiatives de décriminalisation n’aboutissent pas à une augmentation significative de la consommation de drogues», recommandant même de «mettre fin à la criminalisation, la marginalisation et la stigmatisation des personnes consommant des drogues mais qui ne causent pas de dommage aux autres».

Bien évidemment, le ministre de l’Intérieur Guéant, dans sa surenchère raciste et sécuritaire permanente, s’est empressé d’y répondre : « j’y suis absolument opposé. La drogue, c’est quelque chose qui est dangereux sur le plan de la santé » et d’en profiter pour stigmatiser une fois de plus les jeunes de banlieue  : « Par rapport à la délinquance et au phénomène de bandes, il a été observé partout où le cannabis a été dépénalisé que les bandes s’emparaient du trafic d’autres substances ». Il aurait été mieux inspiré de lire le rapport de cette commission qui reprend le constat fait par toutes les analyses sérieuses : la politique de prohibition n’est efficace ni en termes de santé (c’est même le contraire), ni en termes de contrôle du trafic. En 2008, on estime que 42 % des jeunes de 17 ans en France ont fumé du cannabis (taux le plus élevé en Europe) alors que les lois françaises sont les plus répressives. Au Portugal, depuis 2001, la consommation de toutes les drogues a été dépénalisée sans que l’usage augmente et les Hollandais consomment moins de drogues que les Français.

Une guerre sociale…

La « guerre à la drogue » est avant tout une guerre sociale et sert des objectifs politiques. Aujourd’hui, on stigmatise le trafic à Sevran (Seine-Saint-Denis) car cela permet de viser les jeunes, les immigrés, les pauvres. Les problèmes sont bien réels dans les banlieues mais  la drogue  n’en est pas la cause. La situation actuelle est la conséquence du chômage de masse, de la misère économique. Plusieurs milliers de jeunes sont incarcérés chaque année pour consommation et trafic de cannabis, principalement issus de milieux populaires, alors que tout le monde sait que la drogue circule partout. Jean-Luc Delarue qui a avoué consommer 10 000 euros de cocaïne par mois dans le 6e arrondissement de Paris, n’a pas fait un seul jour de prison. Il est évident que la police et la justice mènent sur la question des drogues une politique anti-jeunes, au faciès, afin de maintenir un contrôle sécuritaire et économique en banlieue .

…et inefficace

Cette politique ne peut mener qu’à une impasse, comme le montre la situation au Mexique. Depuis 2006, le gouvernement a déclaré la guerre « totale » aux cartels de la drogue en envoyant 50 000 militaires, ( ce que demande de manière totalement absurde S.Gatignon, le maire EELV de Sevran …) en plus de la police. Résultat  : 30 000 morts et un trafic qui n’a jamais été aussi élevé. Tout ceci se faisant aux portes des USA qui mènent parallèlement une politique anti-immigrés très répressive sur cette frontière. Les premières victimes de cette situation sont les centaines de femmes pauvres assassinées à Ciudad Juarez. Cela n’a pas empêché le trafic de cocaïne de progresser. L’ONU constate même qu’au niveau planétaire la consommation d’opiacés a augmenté de 35, 5 % entre 1998 et 2008 (la guerre en Afghanistan n‘y est pas pour rien), celle de cocaïne de 27 % et celle de cannabis de 8, 5 %. Il y a donc urgence à cesser au niveau international la politique répressive actuelle.

La légalisation est la seule mesure sérieuse en termes de santé publique. Il faut apprendre à vivre avec les drogues, les gérer au mieux. N’oublions pas que les deux drogues les plus dangereuses en France sont légales : le tabac (60 000 morts par an) et l’alcool (35 000 morts par an). Le seul moyen pour faire réellement de la prévention et de l’aide à la diminution des risques (utilisation de seringues stériles pour prévenir les infections par exemple) passe par la dépénalisation des drogues. Ne plus faire du consommateur un délinquant est le préalable à toute politique de santé qui vise à réellement aider les gens dans l’usage de drogues qui peut devenir ingérable pour certains.

Pour l’instant, les réponses de la gauche sont faibles. Act-up, Aides, etc …..essaient de faire entendre leur voix et leurs préoccupations face à la dégradation de la situation. A part le NPA et EE-LV, aucun parti ne prend clairement position en faveur de la dépénalisation de la consommation des drogues et de la légalisation du cannabis, qui sont pourtant des mesures simples et facilement applicables, même dans le cadre du système actuel. Le PS partage fondamentalement le discours de l’UMP sur la question. Hollande et Royal se sont opposés à la légalisation du cannabis : « On ne peut pas relâcher la répression sur le trafic », estimant que le trafic se reporterait alors « sur d’autres drogues ». Seul Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur socialiste, a pris position pour, plutôt par simple pragmatisme policier. Il y a pourtant nécessité et urgence à s’opposer à la droite qui prétend rétablir l’ordre moral. La loi de 1970 permet au gouvernement de maintenir une sorte d’état d’exception dans les banlieues. La lutte antidrogue sert de prétexte à de nombreuses dérives sécuritaires : au niveau légal, le trafic de drogue est soumis aux mêmes mesures que le terrorisme. Refusons cela. Avant, pendant et après 2012, une seule solution : légalisation !

in : Tout est à nous N°109 – Juin 2011

Antoine Boulangé, CIRC / NPA

Le débat est ouvert, pas seulement en France

Le 2 juin 2011, la Commission Mondiale sur la politique des Drogues composée de 19 personnalités rendait publics un rapport et une pétition avec plus d’un demi-million de signatures, adressés à l‘ensemble des chefs d‘état du monde, au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, ainsi qu‘aux médias internationaux.

Le rapport constatait qu‘après plusieurs décennies d‘application d‘une politique onusienne en échec, il était urgent de réformer les politiques nationales, mondialement. Il préconisait une dépénalisation de l‘usage de drogues et une légalisation du cannabis.

Ces propositions basées sur la faillite de la prohibition marqueront ce mois de Juin, comme jamais auparavant n’avait été autant cités les mots dépénalisation, légalisation, régulation pour sortir du système de contrôle international instauré par la convention unique sur les stupéfiants adoptée en 1961. Dans tous les pays, même en France de manière assez inédite, le débat s‘est ouvert avec plus ou moins de vigueur. Et il risque de continuer dans la perspective des élections générales en 2012 qui se produiront en Mars en Russie, en Mai en France et en Novembre aux Etats Unis (trois pays membres du Conseil de sécurité). Egalement parce que d‘ici la fin de l‘année la Commission Européenne doit renouveler la stratégie et le plan d‘action de l‘Union européenne. Et peut-être cette fois les conclusions du rapport Reuter-Trautmann sous l‘impulsion du Forum de la Société Civile seront véritablement prises en compte.

En France aussi, le plan d‘action de la MILDT doit s‘achever cette année. Il est difficile de présager la future position de ce pré carré de la prévention obsolète et de la répression vertueuse comme seul moyen d‘action. Un revirement paraît assez peu probable, mais sait-on jamais, il y a toujours moyen, par le biais d‘une habile dialectique, de ne pas s‘enfoncer dans les idées récessives et d‘enfin s‘ouvrir aux réalités du monde sans déchoir.

Il faut espérer que les multiples rapports, études, témoignages, écrits, de tous horizons, fassent prendre conscience de l‘inanité d‘une politique hypocrite. Un plant de cannabis n‘est pas plus dangereux qu‘un cep de vigne, une fleur de Purple haze, chère à Jimmy Hendrix, est peut-être moins nocive qu‘un verre de gnôle… C‘est cette inadéquation à une société évolutive qui a fortement contribué à provoquer la situation actuelle. Einstein disait «la folie, c‘est se comporter de la même manière, et s‘attendre à un résultat différent». Vouloir se raccrocher aux principes ne correspondant pas à une époque ressemble aussi aux combats perdus d‘avance. Il devient urgent de ne plus s‘obstiner.

Dans le cadre des élections européennes en 1999, Jean Pierre Galland avec le soutien des Verts, puis en 2009 avec la liste Cannabis Sans Frontières (alternative écologique) présentant «12 propositions pour sortir de l‘hypocrisie» avaient alerté les politiques et tenté de réveiller les militants. Il serait temps que les multiples usagers sortent du bois et s‘organisent enfin, pour faire admettre leurs revendications.

Pour 2012, parmi les 7 propositions de la campagne Altermondiste Liberterre consultables sur le site farid2012.org, celle-ci devrait interpeller les 550 000 usagers quotidiens du cannabis et les 12 millions de français qui auraient enfreint la loi : «Pourquoi et comment sortir de l’hypocrisie de la prohibition des drogues ? La «guerre à la drogue» est coûteuse et inefficace, c’est une guerre contre les pauvres, la nature humaine et la biodiversité. Il devient urgent d’instaurer une forme de régulation de la production, de la distribution et de la consommation sur des bases pragmatiques et tolérantes du cannabis et d’autres psychotropes.»

Plus d‘infos sur :

globalcommissionondrugs.org/Report

cannabissansfrontieres.org/12-propositions-pour-sortir-de-l,205.html

Par Farid Ghehiouche

La presse avec un œil de Sirius

Pour le militant antiprohibitionniste, la lecture de la presse est une véritable addiction. Il y trouve sa dose quasi quotidienne d‘informations relatives au cannabis, et aux drogues en général. Mais à l‘excitation de la découverte succède bien souvent la déception : le traitement médiatique de ses thèmes de prédilection est trop rarement à la hauteur de ses attentes. Lui qui survole l‘histoire et les enjeux géopolitiques de la prohibition du cannabis, voit ce dernier trop souvent relégué dans la rubrique des faits divers…

Comme pour démentir ce constat, plusieurs événements notables dans l‘actualité récente ont propulsé au premier plan le débat sur la légalisation du cannabis, enfin considéré dans ses dimensions juridiques et politiques. Le 1er juin, la Commission mondiale sur la politique des drogues (Global Commission on Drug Policy, GCDP), composée d‘éminentes personnalités (dont d‘anciens chefs d‘Etat), lance à New York un appel pour un changement radical de la politique internationale des drogues, leur dépénalisation et la légalisation du cannabis; sans relation apparente, le 15 juin, le rapport du groupe parlementaire Socialiste, radical, citoyen (SRC), présidé par l‘ancien ministre de l‘intérieur D. Vaillant (PS), préconise «la légalisation contrôlée du cannabis». Entre-temps, Stéphane Gatignon (Europe Ecologie-les Verts), maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), partisan lui aussi d‘un marché régulé du cannabis, réclame une force d‘intervention type «casques bleus» pour faire cesser les violences entre trafiquants dans sa commune.

De mémoire de militant, on n‘a jamais connu une telle conjonction d‘astres favorables à la cause de la légalisation dans l‘univers médiatique. La Une de «Libération» du 3 juin est intitulée «Drogues : légaliser ?» sur une photo d‘un sachet de cannabis. Dans les pages «Evénement», le rapport de la GCDP fait l‘objet d‘un éditorial, d‘un décryptage, de deux articles sur les exemples étrangers (Portugal et Colombie) et d‘une interview de Gatignon. «Le Monde» du 4 juin consacre deux articles au rapport de la GCDP, dans la rubrique «International et Europe», annoncés en Une.

Dans les deux titres de presse, les articles de fond dressent un constat implacable de l‘échec de la prohibition. «Libération» accorde plus d‘importance au sujet que «Le Monde», mais son éditorial laisse perplexe : F. Sergent, acquis au constat et aux conclusions du rapport, semble effrayé des implications d‘une légalisation, élargie «au crack et à l‘héroïne» (hors sujet).

Le rapport Vaillant est à la Une du «Monde» du 16/6, et l‘article associé se poursuit en page «Planète», accompagné d‘un entretien avec D. Vaillant. Si Le Monde évite toujours de donner son opinion sur le sujet (pas d‘éditorial), il organise le débat : «Dépénalisation du cannabis, un débat biaisé», par le ministre C. Guéant ; «L‘interdiction engendre la société de la peur», par Gatignon ; «La prohibition des drogues douces, facteur d‘insécurité», par le sociologue M. Kokoreff. Le débat s‘étend au supplément «Economie» du 28/6 : Thibault Gajdos, économiste au CNRS («Le joint de la discorde») et P.-C. Haucœur, de l‘EHESS («Drogue : sortir des postures») invalident les arguments contre la légalisation.

Enfin, cette séquence médiatique s‘achève (ou se réactive) le 3 août avec le rapport de l‘économiste Pierre Kopp,  spécialiste du coût des drogues, cité en Une du «Monde» («Légalisation : ce que le fisc gagnerait»).

De ce premier et rapide survol de l‘actualité, le militant peut tirer quelques enseignements. Tout d‘abord, que la presse est bien le lieu du débat car elle permet une exposition raisonnée des arguments, laissant à chacun le soin de se faire sa propre opinion. Mais, constamment ou presque, on confond les termes de «dépénalisation», «décriminalisation», «légalisation». Ainsi, des notions mal maîtrisées, ou mal définies, créent un point de vue réducteur et une certaine incompréhension du sujet.

Or «mal nommer les choses, c‘est ajouter au malheur du monde» (Camus).

(À suivre…)

Par Raph – Image: © 2011 marker

Mythes prohibitionnistes: Le nouveau cannabis OGM surpuissant

Très actifs dans les médias et les rapports officiels, les représentants des syndicats de police, Etienne Apaire, président de la MILDT et le commissaire François Thierry de l’OCRTIS affirment sans vergogne que le cannabis du 21ème siècle est génétiquement modifié pour obtenir des taux de THC faramineux soi-disant bien plus nocif pour la santé (jusqu’à 45% pour Bruno Beschizza du syndicat des policiers Synergie). «Jusqu’à 30 fois plus fort que dans les années 70», il aurait envahi le marché. C’est une intox surtout destinée à faire flipper des parents initiés au cannabis quant à la consommation de leurs enfants.

Harry Anslinger, l’inventeur de la prohibition du cannabis, faisait déjà le coup entre le chanvre US et la diabolique marijuana mexicaine. Adolescent, mon père me disait «le kif fait juste tourner la tête mais le haschich est une drogue dure». Et aujourd’hui des dirigeants et des fonctionnaires de haut-rang nous expliquent que le joint de papa était une drogue douce (on se demande bien pourquoi ils l‘ont dit illégal) comparée au très dur nouveau cannabis OGM.

La Californie des seventies

La Skunk est une variété mondialement célèbre pour sa puissance, elle est à la base de la majorité des croisements disponibles chez les grainetiers. Elle a été développée en Californie au début des années 70 par le groupe de breeders Sacred Seeds en hybridant deux landraces (variétés pures) sativa légendaires l’Acapulco Gold (Mexique) et la Santa Marta Gold (Colombie) avec une landrace indica Afghane. Les frères Haze, créateurs des mythiques A5, C5 et HPH, ont aussi commencé leurs travaux dans les seventies avec des landraces sud-américaines et asiatiques. La très complexe Northern Lights (12 croisements) repoussée par la répression du soleil californien aux lampes de Seattle apparaît fin 70/début 80.

Les débuts de la transgénèse

Paul Berg a ouvert la voie expérimentale de la transgénèse en 1973 et il faut attendre 1980 pour le premier brevet sur une forme de vie génétiquement modifiée, délivré au microbiologiste indien Ananda Chakrabarty pour une bactérie transgénique capable de dégrader les hydrocarbures. On peut donc affirmer que les plus fameux hybrides de cannabis ne sont pas des OGM mais le résultat d’une sélection impitoyable et de croisements comme en font les agriculteurs depuis la nuit des temps. Neville Schœnmaker, le génial créateur de mes variétés favorites, est aussi très réputé pour ses sélections de chevaux de courses.

Statistiques officielles

Une note de l’OFDT sur une étude de 2005 réfute l’augmentation exponentielle du taux de THC sur le marché français. Les 96 échantillons de résine collectés variaient de 1,1 à 26,1 %. Il se concentrait essentiellement entre 5 et 15 % (85 % des échantillons). La médiane était de 10,6 %. Le taux de THC des 145 échantillons d’herbe variait de 0,3 à 23,8 %, 63 % des échantillons avaient un taux de THC compris entre 0,3 et 10 %. La médiane était de 7,9 %. D’après le rapport 2010 de l’OEDT, l’intervalle moyen du taux de THC de la résine saisie en Europe est de 3 à 16 % avec un intervalle médian entre 6 et 10 %, pour l’herbe l’intervalle moyen est de 1 à 10 % avec un intervalle médian entre 5 et 8 %. Très loin des 30 à 45 % annoncés par la police qui pratique ici l’inverse de son habituel comptage des manifestants.

Comparer avec du Tchernobyl

En prenant pour référence historique du 20éme siècle l’herbe africaine/mexicaine compressée pleine de branches et de graines à 2-3% et la résine coupée à la paraffine ou à la graisse (les tristement célèbres Tchernobyl et Border Afghan) à 4-5 %, il est possible de constater une hausse moyenne du taux de THC de 50 à 200 %. Mais il existait aussi du Libanais rouge ; du Turc gris, du Temple Ball népalais, du 00 marocain pour les résines puissantes, de la ganja fil rouge antillaise, du Zamal mangue-carotte réunionnais, du Pakalolo tahitien, de la Calif d’Ardèche ou de la F1 de la Drôme pour les herbes explosives. Et, comme aujourd’hui, ces produits de qualité ne constituaient pas plus du quart du marché.

Des experts plus crédibles

En 2004, l’OEDT affirmait déjà dans son rapport annuel : «Les déclarations émises dans les médias populaires selon lesquelles la puissance du cannabis a été multipliée par 10, voire plus au cours des dernières décennies ne sont pas étayées par les données limitées provenant des États-Unis ou d’Europe. (…) Le cannabis à haute puissance a toujours été disponible dans une certaine mesure, et les inquiétudes à ce sujet ne datent pas d’aujourd’hui»

D’après «Cannabis, état des lieux en Suisse» ISPA (MILDT suisse) 2004 : «A l’heure actuelle, on ne connaît aucun effet à long terme sur la santé d’une teneur élevée de THC dans le cannabis. (…) L’augmentation de la teneur en THC des préparations cannabiques n’accroît pas nécessairement les risques d’atteintes à la santé. Les fumeurs réguliers, pour autant qu’ils sachent en doser l’effet enivrant et prennent moins de marijuana pour obtenir l’effet désiré, réduisent les atteintes éventuelles des voies respiratoires. (…) Une concentration plus élevée de THC peut générer, chez les consommateurs inexpérimentés, des réactions aversives telles que nausées et états anxieux, et donc les dissuader de recommencer.»

Règlementer pour réduire le risque

Le risque majeur est donc le surdosage involontaire qui provoque une angoisse puissante avec vomissements, des hallucinations légères (principalement auditives) et une récupération pénible après un sommeil de plomb. Chez les sujets prédisposés génétiquement (entre 0.3 et 0.5 % de la population), cette overdose peut révéler une schizophrénie ou une psychose. Le lien causal n’est pas établit dans la population sans antécédents ou prédispositions.

Comparé à l’alcool, pour les consommateurs les moins avertis un joint illégal est une pinte dans laquelle on verse une boisson glacée sans connaître son titrage alcoolique et que l’on boit rapidement. Pas de souci pour la bière, avec de l’absinthe à 70° c’est le coma éthylique. Pour l’alcool comme pour le cannabis, le consommateur raisonnable adapte la dose au titrage du produit et à l’effet désiré, c’est bien plus facile avec un alcool légal certifié et étiqueté, une règlementation de la distribution du cannabis réduirait considérablement ce risque. Personne ne demande l’interdiction du cognac.

Par Laurent Appel (ASUD) Image: © 2011 marker

exPRESSo – Cannaclaques et Cannabises

Science et Vie

Passée quasi inaperçue, la Une de Science et Vie de juillet consacrait une étude comparative assez loufoque «cannabis vs tabac».

Bien entendu, avec le président de France sans Drogues en guise d‘expert de terrain et le professeur Constentin présenté comme l‘expert scientifique (Cf. la tribune de Tom Verdier page 6), le verdict ne risquait pas d‘étonner quiconque au fait des positions de ces deux agents de propagande gouvernementale.
Le cannabis serait donc bien plus dangereux que le tabac. Aux oubliettes le rapport Roques faisant autorité en matière de comparaison sérieuse entre psychotropes.

Dauphiné Libéré

Et puis dans la PQR, le Dauphiné Libéré a consacré au cœur de l‘été une pleine page au débat suscité par la sortie de rapport Vaillant, publiant un long entretien avec Jérémie Charpentier, membre de Cannabis Sans Frontières, pour étayer le propos en faveur de la légalisation du point de vue des usagers.

Zélium

Un journal assez récent, Zélium, a clairement fait le choix d‘une ligne éditoriale antiprohibitionniste. Zélium, dont le ton et l‘humour sont appréciables, publie un feuilleton de l‘histoire de la prohibition fort bien décrite, qu‘il en soit remercié. A suivre… en kiosque.

Pour retrouver le numéro spécial dépénalisation de Politis (la «Une» + dossier de 6 pages avec article sur le Portugal) paru le 30 juin dernier…à diffuser sans modération :

http://mapinc.org/temp/1159-Politis-Une.pdf ; http://mapinc.org/temp/1159-Politis-DossierXdepenal-P18-23.pdf

L’arche de Noah !

«Il n’y a pas de drogues douces, il n’y a que des drogues interdites», N. Sarkozy

Pour la neuvième fois, Yannick Noah est la personnalité préférée des Français. Sportif de haut niveau affirmant son goût pour les vertus du cannabis, chanteur attirant les foules aussi bien pour les grandes causes que pour les micro-projets humanitaires, il est la figure anti bling-bling, sans frontières, qui reflète les sentiments profonds de tous ceux pour qui la liberté a conservé un sens sous le régime de «Sarko-Le-Penible».
Zinédine Zidane et Mimi Mathy complètent le podium. Quatrième de ce palmarès, Simone Veil est reconnue pour l‘instauration de l‘IVG en 1974, mais aussi pour avoir, vingt ans plus tard, engagé la politique de réduction des risques en matière de drogues.
L‘émergence de ces personnalités, assez diverses pour le moins, est plutôt jubilatoire finalement. Bien sûr ce type de sondages ne fait pas l‘unanimité, aussi bien dans la forme que pour le fond.

Mais pour les défenseurs du cannabis, il laisse un peu d‘espoir quant aux autres sondages vilipendant la substance. Parce qu‘après tout, Yannick Noah, a été un de ceux qui n‘ont pas hésité à faire un «outing» revendiquant le petit joint, déclarations orales et souvent non commentées, mais suffisantes pour que tout le monde l‘entende. Ce qui ne l‘a pas empêché d‘effectuer un septennat à la tête de ce classement.

On s‘amuserait à faire d‘autres observations. Avec Zizou, qui lui ne se permettrait pas d‘intervenir sur ces questions sauf peut-être sous l‘angle du dopage… Mais n‘embrassait-il pas le crâne délicatement chatoyant d‘un Fabien Barthez contrôlé positif au THC, comme Bernard Lama, consacré meilleur gardien de but de la planète en 1996 ?

Et on peut se rappeler qu‘en pleine campagne électorale, deux troublions du PAF, Karl Zéro et Laurent Baffie racontaient un dîner fumeux dans les appartements de la Place Beauvau, où la tablée avait vu un joint faire le tour. Imaginez-vous de la super skunk parfumant la demeure du premier flic de France ? Alors que sur les estrades de ses meetings, il proclamait : «il n‘y pas de drogues douces, il n‘y a que des drogues interdites».
Néanmoins dans le PAF et les milieux tendances, les anecdotes abondent. Par contre, un écrivain de la jet-set, Frédéric Beigbeder, a fait une bonne préface, mesurée, au livre du journaliste de Libération, Michel Henry, qui explique «pourquoi la légalisation est inévitable».

En 2004, à Vienne, Michel Bouchet, ancien chef de la MILAD, expliquait dans les couloirs de la Commission Drogues et Narcotiques, que l‘augmentation de la consommation du cannabis en France était due au»narco marketing» dont se rendaient coupables plusieurs animateurs de télévision, stigmatisant en particulier Thierry Ardisson. Comme il l‘avait fait auparavant des Editions du Lézard.

Mais, lorsque par maladresses on chope un dealer des beaux quartiers, ou lorsqu‘un comportement dérive un peu trop, il faut bien tenter de mettre de l‘ordre, et faire un exemple. Le pauvre Delarue en est la preuve. Même s‘il devient difficile de suivre les traces de sa caravane rédemptrice, grâce à laquelle on a pu lui éviter le sort commun.
En fait, cette liste de personnalités préférées représente une sorte d‘hommage populaire, en total inadéquation avec les objectifs répressifs à-tout-va que martèle le gouvernement actuel. Hommage au métissage, à l‘immigration, au handicap et aux valeurs fondamentales. Mais aussi, principalement peut-être, aux qualités de cœur, au courage, à la gentillesse, à la simplicité, à la dignité. Notions semblant avoir un peu disparu des médias, dans lesquelles ces «élus» ne sont pas vraiment surexposés actuellement.

On peut lire là une sorte de message, glissé comme dans une bouteille jetée à la mer, qui suggèrerait une réponse aux lois sécuritaires, aux prohibitions forcenées, aux rétrécissements sociaux de toutes sortes qui nous étouffent. Finalement, les «pipoleries» peuvent être signifiantes.

Foto Carla Bruni: Peter17 | Montage: marker | Idee: FARId | cc by sa 3.0

Comme une graine qu’on arrose

Et voilà le n°2 de [RBH]23 qui paraît. On peut s‘en frotter les yeux. Étant d‘abord des individus engagés, pas vraiment professionnels, quelquefois nous avions un peu douté de pouvoir relever ce défi. Nous avons aussi été encouragés par les diverses réactions assez favorables. Un grand Merci à l‘ensemble des personnes qui n‘ont pas calé pendant cette période de léthargie estivale, permettant de boucler ce [RBH]23 N°2.

Ce numéro permettra de mieux appréhender les prochaines élections en France, à l‘aune des remous médiatiques causés par le rapport Vaillant. Bien sûr, il y a un frémissement. La politique des drogues devient enfin un enjeu économique, pas seulement pour les rentrées fiscales envisagées si le cadre légal changeait, mais aussi du fait des nombreux coûts qu‘engendre la prohibition pour l‘ensemble de la société. Il était temps qu‘on s‘en rende compte. Pour le moment, on voit malheureusement le vieux statu quo dominer largement. Y-aura-t-il du cannabis dans la campagne prochainement ? En dépit de Stéphane Gatignon et de Daniel Vaillant, et malgré la place que le débat aura pris dans la presse (Voir l‘article de Raph, Page 3), il semble qu‘aucune des candidatures déclarées ne l‘envisage sérieusement. C‘est parce que cette question, comme nombre d‘autres, risquent fort d‘être escamotées dans le débat présidentiel qu‘une campagne Altermondiste Liberterre est apparue. Avec sept propositions pour une vraie gauche. Une campagne à suivre sur le site farid2012.org. Il faut changer les lois et sortir de la nuit de la prohibition. Mais en attendant on peut toujours, comme y engageait Voltaire, «cultiver son jardin»…Vive l‘autoproduction! N‘oublions pas qu‘on enferme aujourd‘hui encore des militants de la paix des drogues, comme Marc Emery aux Etats Unis, et Bernard Rappaz, en Suisse, qui a recommencé une grève de la faim depuis le 12 août. Amnistie pour les prisonniers politiques de la guerre anti-drogues !

Pour en savoir plus, rejoignez-nous sur le site RBH23.com

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