De l’intoxication mentale et de l’intoxication alimentaire

Il y a quelques jours, les médias français ont relayés la plainte déposée contre le fabriquant d’une farine ayant provoqué des troubles de santé à une consommatrice très à cheval sur son régime alimentaire. En fait, dix-huit cas d’intoxication ont été recensés en Provence et sept en Rhône-Alpes, depuis l’alerte lancée le 12 octobre dernier (Cf détails ci dessous).

La contamination de la farine de Sarrasin (blé noir) avec des fleurs de la Datura en est la cause. Cette herbe est aussi communément appelée « l’herbe des fous ».

Les symptômes décrits sont ceux d’une intoxication par l’atropine (sécheresse buccale, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation confusion, désorientation spatiotemporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Rappelons grâce à Wikipédia, que la Noix de Muscade peut avoir aussi des conséquences graves pour la santé :

Nausées possibles durant la première heure, pouvant entraîner vomissements et diarrhée dans certains cas. De violents effets secondaires qui durent plus de 24 heures font leur apparition : xérostomie (assèchement buccal), rougissement, mydriase (dilatation de pupilles), angoisse, tachycardie. La mort peut survenir à certaines doses[réf. souhaitée].

Les effets psychotropes se caractérisent par une intoxication du système nerveux central. Sédation intensive accompagnée par une altération de la parole et du fonctionnement psychomoteur. Souvent considérées comme incontrôlables et désagréables d’après les usagers, dans la mesure où elles entraînent un basculement frénétique d’états psychédéliques et sensoriels. Généralement accompagné par un sommeil long et profond, similaire à un état comateux (jusqu’à 16 heures). Amnésie, état léthargique, constipation ou rétention d’eau possible au réveil.

C’est une drogue très impopulaire et déconseillée car terrible à ingérer, supporter et éliminer.

Bien plus dangereuse que l’intoxication cannabique très bien connue depuis les travaux de Joseph Moreau de Tours et son Club des Haschischins, une intoxication à la Datura ou avec la Noix de Muscade pourrait conduire à la mort.

Et de l’intoxication alimentaire à l’intoxication mentale, il n’y a qu’un pas. Parce qu’il faut répondre aux détracteurs du cannabis comme BIDULE contestant la « belle unanimité » des 128 commentaires accompagnant l’article publié par Sophie Caillat sur le site Rue89.

Intoxications alimentaires liées à la consommation de farine de sarrasin

12/10/2012

Dix huit cas d’intoxication alimentaire sont survenus dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le 21 septembre et le 10 octobre 2012.

Une enquête a été entreprise par l’Agence régionale de Santé (ARS), et par les services de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) afin d’identifier le ou les produits à l’origine de l’intoxication.

Quelle est la cause ?

Ces investigations ont conduit à mettre en cause de la farine de sarrasin bio potentiellement contaminée par du datura, une plante sauvage connue pour sa forte teneur en alcaloïdes toxiques pour l’homme (atropine et scopolamine), qui se développe parfois aux abords des champs et peut contaminer les cultures lors des moissons.

Les boulangeries, magasins ou crêperies qui ont utilisé ou vendu cette farine de sarrasin ou les produits élaborés à partir de celle-ci (pains, crêpes, galettes…) ont été informés de cette contamination et ont cessé la commercialisation de ces produits. Des affichettes informent les consommateurs sur les lieux de vente du retrait et des mises en garde concernant ces produits.

Les symptômes

Les symptômes décrits sont ceux d’une intoxication par l’atropine (sécheresse buccale, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation confusion, désorientation spatiotemporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Les personnes qui auraient consommé les produits mentionnés ci-dessus et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à appeler le 15 ou de consulter rapidement leur médecin traitant en signalant le fait ainsi que le lieu et la date d’achat des aliments.

Les recommandations

Si vous possédez un produit bio à base de farine de sarrasin, il est conseillé de contacter le lieu d’achat afin de savoir si le produit est concerné par cette mise en garde ou non.

En savoir plus sur le datura :

Qu’est-ce que le datura ?

12/10/2012

Le datura est une plante toxique, dont la consommation peut entraîner des troubles hépatiques, nerveux et sanguins.

Les Cannabis Social Clubs se développent en France

Comme le démontre la liste des liens ci-dessous, cette première semaine de la trêve des confiseurs a été richement alimentée par le sujet du développement des Cannabis Social Clubs en France.

Tout d’abord, le jour de Noël, avec le cadeau de Camille Legrand dans le journal Le Monde :

- http://www.lemonde.fr/societe/reactions/2012/12/25/les-cooperatives-de-cannabis-sans-but-lucratif-aspirent-a-la-legalite_1810153_3224.html

Puis le 26 décembre, le 1945 de M6 consacrait 1 minutes 37 secondes, et sur le site Rue89, Sophie Caillat détaillait la démarche :

- http://www.m6replay.fr/le-1945#/le-1945/11266198-s01e361-cannabis-des-cultures-polemiques

- http://www.rue89.com/2012/12/27/les-cannabis-social-clubs-ne-veulent-plus-produire-cache-238115

Enfin, le jeudi 27 décembre, c’était au tour de TF1 de bétonner le sujet avec cette belle balise url :

- http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-cannabis-social-club-une-demarche-politique-et-pacifique-7743740.html

Reste à savoir comment les pouvoirs publics réagiront dans les semaines qui viennent, mais plus que jamais, l’union des amateurs et des amatrices du cannabis en tout genre est en marche pour obtenir le changement de la loi afin de garantir leurs droits, et des aménagements politiques pour mieux prévenir les risques et réduire les dommages liés à la consommation de drogues.

Parce qu’il est temps qu’une autre politique de régulation voit le jour, au Portugal pays souvent montrer en exemple pour les résultats de la politique conduite depuis 2001, les parlementaires du Bloc de Gauche viennent de finaliser leur proposition de loi pour encadrer l’offre et la demande de cannabis, en légiférant sur la base des Cannabis Social Clubs. De l’autre côté de l’atlantique, en Uruguay, le Président Mujica ardent défenseur d’une sortie de la prohibition pour lutter contre les organisations criminelles ne veut pas imposer « la dictature du cannabisssariat ».
Au Canada, avec le projet de loi présenté dimanche 16 décembre 2012, le gouvernement conservateur canadien souhaite cesser la production publique de cannabis au 1er avril 2014. Cette activité serait donc déléguée à des entreprises  privées. Joyce Murray, la députée libérale de Vancouver au parlement d’Ottawa, estime que ce projet est une « demi-mesure » et que seule la légalisation complète permettrait de trouver une solution aux problèmes actuels.

 

Une bombe va exploser à Matignon

A propos de la légalisation du cannabis en particulier, et de la question d’une autre politique en matière de drogues, plus efficace et plus juste, la France semble toujours en mode statu quo.

Mais une bombe risque d’exploser à Matignon.

Tout d’abord, grâce à un effet miroir intéressant au sein de l’Union européenne entre une coalition gouvernementale britannique plutôt de centre-droit-libérale, et la coalition de la gauche rose-verte-radsoc en France, qui produisent la même politique de l’autruche en matière de drogues.

Comme le relate le Guardian, avec ce clash entre le Premier ministre anglais David Cameron estimant qu’une commission royale sur la politique des drogues ne soit pas utile, et le vice-premier ministre Nick Clegg souhaitant comme Vincent Peillon en France, ouvrir le débat dans son pays.
C’est un rapport de la commission d’expertise mandatée par la Chambre des Communes, attendu depuis quelques semaines, qui a mis le feu aux poudres en proposant qu’une Commission Royale étudie les options avancées par la Commission Mondiale pour la Politique des Drogues, c’est à dire d’autres formes de régulation du « phénomène drogue » basées sur des preuves scientifiques.

Dans un entretien à la BBC, Nick Clegg explique : « Je suis contre les drogues ; c’est pour cette raison que je suis pour une réforme ». Clegg reconnait que « La Grande-Bretagne est en train de perdre la guerre aux drogues à une échelle industrielle. Cela fait 40 ans que nous menons cette bataille, et je ne pense pas exagérer de dire que cela n’a pas été un succès » appuyant son analyse avec les chiffres récents de la consommation de drogues chez les jeunes britanniques, où près d’un jeune sur cinq entre 11 et 15 ans admet avoir déjà consommé des substances illicites.
Comme en France, ces statistiques sont alarmantes. Elles révélent l’échec total de la politique pour réduire l’offre et la demande de cannabis et d’autres stupéfiants, et selon Nick Clegg, « il est primordial de prendre son courage à deux mains et de s’exprimer sur ce sujet » donnant ainsi sa contribution à la campagne internationale « Breaking the Taboo – Brisons le tabou » lancée à Londres le 6 décembre et à New york le 7 décembre.

Or à [RBH]23 – La Gazette du Chanvre, on regrette encore le pétard mouillé du ministre de l’Education Peillon qui estimait la semaine dernière, qu’il faudrait plus de consensus pour que le débat avance, déplorant au passage que « ce sujet demeure tabou ». Etait-ce une manière de contribuer à la campagne internationale « Breaking the taboo – Brisons le tabou » ?

Face à un fléau d’envergure internationale, Nick Clegg estime que la Grande-Bretagne doit ouvrir le débat, et c’est une des promesses contenue dans le texte du Manifeste que son parti vient d’adopter en vue des élections en 2015.

Nul doute que les résultats récents des élections aux Etats Unis, dans les Etats de Washington et du Colorado, tout comme les avancées de la campagne « Breaking the taboo » propulseront bientôt la perfide albion sur le devant de la scène internationale pour la réforme de la politique internationale de contrôle des stupéfiants. Elle rejoindrait de nombreux pays d’Amérique Latine, come le Guatemala, la Colombie, le Mexique ou l’Uruguay où les chefs d’etats en exercice se sont publiquement déclarés pour en finir avec une politique aux résultats catastrophiques au plus grand bénéfice des organisations criminelles.

Enfin, une bombe risque d’exploser à Matignon surtout grâce à la contribution de Renaud Colson, « Légaliser les drogues ? », La Vie des idées, 14 décembre 2012. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Legaliser-les-drogues.html

C’est un joli paquet cadeau au gouvernement et à l’opinion publique en France. Un chouette mémento qui replace sérieusement dans le contexte actuel, les impasses causées par l’application d’une loi de 42 ans, dite de « santé publique », qui cause plus de problèmes de santé et de sécurité publiques que les substances qu’elle prohibe.

De quoi passer la trêve hivernale au chaud, et d’envisager plus sereinement l’année 2013 grâce à cette formidable publication de Renaud Colson « Légaliser les drogues ? ».

Interview avec Steve DeAngelo, fondateur du Harborside Health Center

Dans l’attente de la prochaine publication du RBH23 – La Gazette du Chanvre, pour accompagner l’enregistrement de la vidéo disponible ici, en voici la traduction.

Entretien avec Stephen DeAngelo

Invité à l’Expogrow d’Irun pour participer au Forum Social International du Cannabis, Stephen DeAngelo le fondateur du Harborside Health Center, a partagé quelques réflexions à notre stand.
Auteur d’une contribution fort intéressante à propos de la situation du mouvement de réforme des lois régissant la consommation de cannabis, qui serait à la croisée des chemins entre partisans du «bien être» et ceux de l’«intoxication».

Entretien réalisé à Irun, le 15 septembre 2012

Je pense qu’une bonne manière d’évaluer la portée des promesses d’un individu pour qu’il passe à l’action demain, est d’observer ce qu’il a fait auparavant. Malheureusement, ce qu’on a compris avec le président Obama, c’est qu’il nous avait promis en 2008 qu’il respecterait les lois locales permettant l’accès au cannabis médicinal et l’an dernier, il n’a pas tenu sa promesse en autorisant des procureurs fédéraux à fermer sur l’ensemble du territoire plusieurs centaines de dispensaires délivrant du cannabis.

Je ne pense pas que cela changera après les élections. Je pense plutôt que si nous voulons voir des changements, nous devons nous organiser sans se fier à Obama ou à n’importe qui d’autre au pouvoir pour le décider pour nous. Nous allons devoir faire pression sur Obama pour qu’il prenne la direction qui nous intéresse, mais il devra être pousser à faire ce pas en avant. C’est à nous de le guider sur cette voie, il ne saura pas nous l’indiquer.

C’est à chacun de nous de le pousser à faire ce choix. Or il est difficile de se mettre en mouvement, de bien appréhender cette période de changements. Il n’est pas facile de se déclarer publiquement en faveur du cannabis et pour des évolutions législatives. Mais si nous ne le faisons pas, alors il n’y aura jamais de changement. Pour changer, nous devons commencer par nous-même.

Une des raisons pour laquelle je suis en Europe, alors qu’il y a une montagne de problèmes en cours aux Etats Unis, c’est que je suis convaincu que nous n’arriverons jamais à changer les lois dans aucun de nos pays sans l’unification de nos forces pour changer les lois dans tous les pays.

[RBH]23 : As-tu déjà entendu parler des « Cannabis Social Club », as-tu connaissance de ce mouvement en plein essor en Europe ?

Oui. Mais avant d’arriver ici, j’avais entendu quelques rumeurs à ce propos, mais je n’avais pas vraiment pris la mesure de ce qui se passe réellement. Je suis très impressionné et bien inspiré par ce que je viens d’observer depuis mon arrivée : des gens qui s’organisent à la base, sans attendre que leurs gouvernants procèdent aux réformes, avec cette volonté de s’extraire du marché noir, tout en venant en aide aux personnes qui utilisent le cannabis à des fins thérapeutiques et qu’elles puissent disposer sans risque d’une qualité garantie.

Cela s’inscrit dans un mouvement global, du Nord au Sud des Amériques, à l’ensemble de l’Europe, et même maintenant en Afrique et en Asie. Les gens se regroupent, et disent qu’ils en ont marre, qu’ils n’attendront plus, qu’ils vont s’auto-organiser, et qu’ils pourront ainsi se démarquer du marché noir. Ils décident ensemble de leurs techniques de culture, pour produire et distribuer le cannabis de manière transparente. Ces groupes auto-organisant la production pour leurs besoins peuvent agacer leurs autorités locales, voire nationales, et peut-être même au niveau des Nations Unies…