Les Cannabis Social Club Français au Journal Officiel

C’est un peu le début d’une nouvelle ère qui commence, ce 25 mars 2013, avec des Cannabis Social Clubs Français qui s’inscrivent dans le paysage, et qui voit donc leur création validée par la publication au Journal Officiel.

Ce jour, les médias vont se faire l’écho de déclarations en Préfecture, un peu partout en France, de nouvelles associations locales formées sous le titre « Cannabis Social Club Français [localité]« … Un processus qui s’ouvre au grand jour, dans l’optique de tirer un premier bilan vers le 14 juillet, un an après la première assemblée constitutive des Amis du CSCF.

Sur internet, deux spots appuient la démarche de Dominique Broc, le porte parole des CSCF, qui sera en procès à Tours le 8 avril pour « usage, provocation à l’usage et détention ["sans autorisation administrative"]« . Il est toujours possible de lui manifester votre soutien directement, en participant à cette opération originale.

Une réelle émulation se produit actuellement, et pour preuve cette excellente idée de création d’un espace de coordination des « G33KS », en espérant qu’il puisse servir à renforcer le mouvement de réforme des lois anti-drogues.

Pour se détendre de manière licite, on peut télécharger légalement les podcasts de l’émission stupéfiante sur RadioPulse.fr.

La culture du cannabis en France

Chaque jour, la question de la culture du cannabis en France prend un peu plus de place dans l’actualité, comme ces derniers jours avec les Cannabis Social Clubs Français font la Une des médias. On lit par exemple que « les Cannabis social clubs (CSC) sont des regroupements de personnes qui cultivent du cannabis et partagent leur production entre eux. Illégaux en France, les CSC existent déjà en Belgique et en Espagne ».

Nous avons une proposition à vous soumettre :

Nos cousins allemands du Hanf Journal publient un Numéro spécial sur la culture du cannabis… En Europe. D’où l’idée de faire un article de 2 pages (14 000 signes), consacré à la culture du cannabis en France.

Grâce à vos commentaires postés sous cet article, nous allons réussir ensemble, avec le plus grand nombre de contributions possibles pour aborder toutes les techniques, les références, les conseils, les avis… A révéler le portrait d’une France qui cultive son cannabis, avec raison et passion.

Merci d’avance pour vos apports, et si vous avez des documents à transmettre (Photos), contactez redaction(arobase)rbh23(point)com

Interview avec Steve DeAngelo, fondateur du Harborside Health Center

Dans l’attente de la prochaine publication du RBH23 – La Gazette du Chanvre, pour accompagner l’enregistrement de la vidéo disponible ici, en voici la traduction.

Entretien avec Stephen DeAngelo

Invité à l’Expogrow d’Irun pour participer au Forum Social International du Cannabis, Stephen DeAngelo le fondateur du Harborside Health Center, a partagé quelques réflexions à notre stand.
Auteur d’une contribution fort intéressante à propos de la situation du mouvement de réforme des lois régissant la consommation de cannabis, qui serait à la croisée des chemins entre partisans du «bien être» et ceux de l’«intoxication».

Entretien réalisé à Irun, le 15 septembre 2012

Je pense qu’une bonne manière d’évaluer la portée des promesses d’un individu pour qu’il passe à l’action demain, est d’observer ce qu’il a fait auparavant. Malheureusement, ce qu’on a compris avec le président Obama, c’est qu’il nous avait promis en 2008 qu’il respecterait les lois locales permettant l’accès au cannabis médicinal et l’an dernier, il n’a pas tenu sa promesse en autorisant des procureurs fédéraux à fermer sur l’ensemble du territoire plusieurs centaines de dispensaires délivrant du cannabis.

Je ne pense pas que cela changera après les élections. Je pense plutôt que si nous voulons voir des changements, nous devons nous organiser sans se fier à Obama ou à n’importe qui d’autre au pouvoir pour le décider pour nous. Nous allons devoir faire pression sur Obama pour qu’il prenne la direction qui nous intéresse, mais il devra être pousser à faire ce pas en avant. C’est à nous de le guider sur cette voie, il ne saura pas nous l’indiquer.

C’est à chacun de nous de le pousser à faire ce choix. Or il est difficile de se mettre en mouvement, de bien appréhender cette période de changements. Il n’est pas facile de se déclarer publiquement en faveur du cannabis et pour des évolutions législatives. Mais si nous ne le faisons pas, alors il n’y aura jamais de changement. Pour changer, nous devons commencer par nous-même.

Une des raisons pour laquelle je suis en Europe, alors qu’il y a une montagne de problèmes en cours aux Etats Unis, c’est que je suis convaincu que nous n’arriverons jamais à changer les lois dans aucun de nos pays sans l’unification de nos forces pour changer les lois dans tous les pays.

[RBH]23 : As-tu déjà entendu parler des « Cannabis Social Club », as-tu connaissance de ce mouvement en plein essor en Europe ?

Oui. Mais avant d’arriver ici, j’avais entendu quelques rumeurs à ce propos, mais je n’avais pas vraiment pris la mesure de ce qui se passe réellement. Je suis très impressionné et bien inspiré par ce que je viens d’observer depuis mon arrivée : des gens qui s’organisent à la base, sans attendre que leurs gouvernants procèdent aux réformes, avec cette volonté de s’extraire du marché noir, tout en venant en aide aux personnes qui utilisent le cannabis à des fins thérapeutiques et qu’elles puissent disposer sans risque d’une qualité garantie.

Cela s’inscrit dans un mouvement global, du Nord au Sud des Amériques, à l’ensemble de l’Europe, et même maintenant en Afrique et en Asie. Les gens se regroupent, et disent qu’ils en ont marre, qu’ils n’attendront plus, qu’ils vont s’auto-organiser, et qu’ils pourront ainsi se démarquer du marché noir. Ils décident ensemble de leurs techniques de culture, pour produire et distribuer le cannabis de manière transparente. Ces groupes auto-organisant la production pour leurs besoins peuvent agacer leurs autorités locales, voire nationales, et peut-être même au niveau des Nations Unies…

Snoop Lion et Ice T soutiennent Obama

Que Snoop Lion (aka Snoop Dogg) s’engage politiquement pour soutenir la réélection de Barack Obama n’est pas vraiment un scoop, mais lire ses principaux arguments (pour différencier Mitt Romney de l’hôte du bureau Ovale ) écrits de sa main, c’est déjà plus intéressant… On ne s’étonnera pas non plus de la raideur outrageuse de son propos résumé avec des mots d’argot, pas plus de constater que ce billet est l’un des plus lu sur le site US du Huffington Post.

Dans le même genre, un autre poids lourd de la scène Rap US a pris parti pour encourager son candidat… mais avec un brin de provoc’. Ice T qui tweetait à la suite du premier débat télévisé en conseillant à Barack Obama « Pour le prochain débat, évite de fûmer avant », usant ici d’un sous entendu généralement admis que le cannabis rendrait mou du bulbe… Précisons selon la variété et le dosage.

Le Blogueur d’Arte : Interview de Michael Knodt du Hanf Journal

Le Blogueur d’Arte était consacré dimanche 30 septembre à la question du cannabis « Silence, on fume », pour le voir ou revoir http://videos.arte.tv/fr/videos/le-blogueur–6950690.html

Où l’on retrouvera les interviews de nombreux amis de [RBH]23 – La Gazette du Chanvre, comme celle de Martin Barriuso en Espagne (Cf. le N°8 de [RBH]23), d’Olivier Asteggiano et Fabienne Lopez pour Principes Actifs, d’Anne Coppel auteure du livre « Sortir de l’impasse ».

En complément des sujets diffusés sur la chaîne franco-allemande, cet entretien de notre homologue outre-rhin et ami du Hanf Journal, Michael Knodt.

http://www.arte.tv/sites/fr/leblogueur/2012/09/30/michael-knodt-linformation-sur-le-cannabis-est-trop-peu-basee-sur-des-faits-reels/

Enfin de l’information sous un jour véridique.
Date(s) de rediffusion : Vendredi, 5 octobre 2012, 11h35.

 

Le CSCF: Une lueur d‘espoir dans les ténèbres de la prohibition

Le 14 juillet, près de Tours avait lieu une assemblée générale constituante destinée à officialiser le concept du Cannabis Social Club, sur les principes élaborés par ENCOD. Il s‘agissait de regrouper ceux qui en ont plus qu‘assez d‘un «no man‘s land» rejeté par la loi mais dont l‘existence est parfaitement connue. Et on peut considérer que c‘est un ultime mouvement de révolte citoyenne face à la remarquable négligence des pouvoirs publics. Partout, de nombreux usagers fuient le trafic, pour de multiples raisons, morales ou financières.
Mais contrairement à la propagande rebattue, ils sont parfaitement responsables de leurs actes. Il était donc normal qu‘ils tiennent à le faire savoir. Donc l‘existence de l‘association de fait, le Cannabis Social Club Français, a été votée à l‘unanimité.

De l‘ombre…

Un Cannabis Social Club suppose des principes contraignants, les adhérents doivent être irréprochables dans leurs agissements. Car c‘est également une démarche politique, revendicatrice. Il s‘agit de se regrouper par petites unités responsables, pour dans un esprit collectif subvenir tranquillement à des besoins définis préalablement. Tout doit donc être justifiable dans le processus aussi bien que dans le coût de fonctionnement qui est réparti entre les membres du CSC. Il y est interdit de faire du bénéfice financier, et si il y a abondance, le surplus doit facilement être traçable, si possible vers les réseaux thérapeutiques environnants. Ces clubs sont autonomes dans leur fonctionnement, aussi bien pour le recrutement des membres que dans leur gestion, bien sûr.

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CANNABIS CORPSE: Interview Propos recueillis par LoLtheus

Il est toujours utile de lutter contre les préjugés. Se laisser enfermer dans des clichés, trop souvent persistants, relève de l‘esprit moutonnier.

Exemple ; l‘autre jour, un pote me raconte qu‘à Amsterdam, il a demandé à un jeune homme arborant de belles « dreadlocks » (coiffure des rastafaristes, ndlr), le chemin pour se rendre au coffee shop le plus proche. Déception. Malgré les apparences, le rasta était bien incapable de lui répondre, justifiant qu‘il ne consommait pas de cannabis. « L‘habit ne fait pas le moine » dit le dicton. Pour ma part, j‘ai vécu l‘expérience exactement inverse ; A l‘occasion de leur première tournée européenne ; j‘ai eu le plaisir de rencontrer Cannabis Corpse. Ils ont le look Bikers qui picolent, les cheveux longs, sur scène ils font beaucoup de (bon) bruit, sont originaires de Richmond, dans l‘état de Virginie, aux USA. Et pour vous situer un peu, ces gars ont eu envie de monter un groupe autour de leur amour pour le Cannabis et du groupe Cannibal Corpse (death metal). Cannabis et Metal, pourquoi pas ?

En tout cas, ces p‘tits gars ont fini de me prouver que le cannabis touche vraiment tout le monde… avec un bon esprit.

 

[RBH]²³: Salut Cannabis Corpse.

CC: Hi(gh) RBH

[RBH]²³: Bon, la première question qui vient à l‘esprit, lorsqu‘on entend un groupe de Death Metal se mettre à délirer autour du thème « Cannabis » , c‘est la suivante : Vous considérez-vous comme des activistes, d‘une certaine façon ? Ou

tout cela n‘est-il qu‘une sorte de grosse blague ? Car les paroles ont l‘air assez parodiques, voir très délirantes (quand on arrive à les comprendre haha, ndlr)

CC: Bon déjà, fumer des joints fait parti de notre quotidien. Nous ne nous considérons pas « militants » au sens premier…

…Oui, mais si nous partons du principe qu‘une personne (ou un groupe d‘individus) aborde cette cause, d‘une façon positive, ou participe plus ou moins à une meilleure information autour d‘elle sur le sujet, à savoir qu‘au final, la marijuana ne devrait pas être illégale. Partant de ce principe, oui, on peut dire que nous sommes quand même engagés.

[RBH]²³: Etes-vous au courant de la situation en France par rapport au cannabis ? et plus largement, en Europe ?

CC: Nous sommes au courant que les Pays Bas subissent des pressions afin de rendre le cannabis à nouveau illégal. C‘est une honte… au regard de tout l‘argent que ce marché génère, et qui pourrait être utiliser de façon plus intelligente.

Et globalement, nous constatons que le modèle des U.S.A. en matière de prohibition reste un modèle en Europe…

Alors que la situation aux U.S.A. reste assez ambigüe, par exemple en Californie, et dans le Michigan (et dans quinze autres états), c‘est quasiment légalisé, ou dépénalisé par le biais de l‘usage thérapeutique. Alors que la majorité des états (surtout sur la côte est) prône encore une politique assez répressive.

[RBH]²³: Et dans votre état, la Virginie ?

CC : C‘est totalement illégal. Si vous êtes pris en train de fumer un joint, vous avez des chances d‘aller passer 24h en prison, vous payez votre amende et au revoir. Aussi simple que ça. C‘est assez dur à vivre, mais ça ne nous empêche pas de faire ce que nous aimons, que ce soit la musique ou fumer notre herbe.

[RBH]²³: Si je vous dis, nous sommes des « Hereristes », ça vous parle ? Et si je prononce le nom de « Jack Herer »… ?

CC : wow, oui bien sûr, …hahaha, bien trouvé !

Oui, Jack Herer était un gars absolument formidable, un vrai visionnaire. Il a dit tellement de choses vraies sur le cannabis.

Et il est clair qu‘au niveau engagement, on ne se considère vraiment pas au même niveau. Là c‘est du sérieux ; ce gars était en permanence sur la route, à la rencontre des gens, à essayer de les informer, il a vraiment dédié une partie de sa vie à la cause. Son livre reste une bible, c‘est évident.

[RBH]²³: C‘est clair. Donc si j‘ai bien compris, vous préférez prendre le parti d‘en rire mais sans perdre pas de vue que ce sujet est important, c‘est ça ?

CC : Tu sais, à notre niveau, nous préférons penser que les gens sont capables de s‘informer par eux-même, et surtout à notre époque.

Et nous sommes d‘abord là pour donner de la musique cool à écouter,…avec un thème majeur pour réfléchir… ou s‘éclater la tête, c‘est selon (rires).

En fait, ce groupe est littéralement né de notre amour pour le Cannabis et le death metal (le groupe Cannibal Corpse en particulier). En gros, nous aimons fumer de la bonne herbe en écoutant des musiques extrêmes. C‘est notre truc. Et si tu écoutes notre musique, c‘est du sérieux, ça joue. Et dans nos paroles, on peut comprendre que nous abordons des choses sérieuses. Or même si nous prenons un ton décalé en jouant les déjantés en apparence, ça ne doit pas faire oublier que notre démarche à quelque niveau qu‘elle soit reste cohérente sur le fond malgré tout.

Bref ce groupe est né d‘un amour, sans doute insolite pour certains, mais ça reste de l‘amour (mdr)

[RBH]²³: Aaah l‘amour… Et c‘est peut-être la même chose à RBH23, on l‘aime tellement cette plante dont le nom latin doit être inconnu de notre président, qu‘on a décidé de lui rappeler tous les bons usages…

CC : Ha oui, on a vu ça, pas mal votre petit journal. Vous allez y arriver on en est sûr, il n‘y a pas de raison. Le mouvement devient global et la cause est juste.

[RBH]²³: Bien merci les gars, pour l‘encouragement. Avez-vous un message à adresser à nos lecteurs ?

CC : oui, « smoke weed every day ! » (on vous laisse traduire), continuez à soutenir Cannabis Sans Frontières et RBH… et surtout écoutez notre dernier album (héhé)

[RBH]²³: Salut Josh, Phil, Andy et Nick. Bonne fin de tournée à vous… et faites tourner… les vinyls et les CD.

Pour [RBH]²³ et Cannabis Sans Frontières

Image: Cannabis Corpse au motocultor Festival – photo: loltheus © 2011