Interview avec Steve DeAngelo, fondateur du Harborside Health Center

Dans l’attente de la prochaine publication du RBH23 – La Gazette du Chanvre, pour accompagner l’enregistrement de la vidéo disponible ici, en voici la traduction.

Entretien avec Stephen DeAngelo

Invité à l’Expogrow d’Irun pour participer au Forum Social International du Cannabis, Stephen DeAngelo le fondateur du Harborside Health Center, a partagé quelques réflexions à notre stand.
Auteur d’une contribution fort intéressante à propos de la situation du mouvement de réforme des lois régissant la consommation de cannabis, qui serait à la croisée des chemins entre partisans du «bien être» et ceux de l’«intoxication».

Entretien réalisé à Irun, le 15 septembre 2012

Je pense qu’une bonne manière d’évaluer la portée des promesses d’un individu pour qu’il passe à l’action demain, est d’observer ce qu’il a fait auparavant. Malheureusement, ce qu’on a compris avec le président Obama, c’est qu’il nous avait promis en 2008 qu’il respecterait les lois locales permettant l’accès au cannabis médicinal et l’an dernier, il n’a pas tenu sa promesse en autorisant des procureurs fédéraux à fermer sur l’ensemble du territoire plusieurs centaines de dispensaires délivrant du cannabis.

Je ne pense pas que cela changera après les élections. Je pense plutôt que si nous voulons voir des changements, nous devons nous organiser sans se fier à Obama ou à n’importe qui d’autre au pouvoir pour le décider pour nous. Nous allons devoir faire pression sur Obama pour qu’il prenne la direction qui nous intéresse, mais il devra être pousser à faire ce pas en avant. C’est à nous de le guider sur cette voie, il ne saura pas nous l’indiquer.

C’est à chacun de nous de le pousser à faire ce choix. Or il est difficile de se mettre en mouvement, de bien appréhender cette période de changements. Il n’est pas facile de se déclarer publiquement en faveur du cannabis et pour des évolutions législatives. Mais si nous ne le faisons pas, alors il n’y aura jamais de changement. Pour changer, nous devons commencer par nous-même.

Une des raisons pour laquelle je suis en Europe, alors qu’il y a une montagne de problèmes en cours aux Etats Unis, c’est que je suis convaincu que nous n’arriverons jamais à changer les lois dans aucun de nos pays sans l’unification de nos forces pour changer les lois dans tous les pays.

[RBH]23 : As-tu déjà entendu parler des « Cannabis Social Club », as-tu connaissance de ce mouvement en plein essor en Europe ?

Oui. Mais avant d’arriver ici, j’avais entendu quelques rumeurs à ce propos, mais je n’avais pas vraiment pris la mesure de ce qui se passe réellement. Je suis très impressionné et bien inspiré par ce que je viens d’observer depuis mon arrivée : des gens qui s’organisent à la base, sans attendre que leurs gouvernants procèdent aux réformes, avec cette volonté de s’extraire du marché noir, tout en venant en aide aux personnes qui utilisent le cannabis à des fins thérapeutiques et qu’elles puissent disposer sans risque d’une qualité garantie.

Cela s’inscrit dans un mouvement global, du Nord au Sud des Amériques, à l’ensemble de l’Europe, et même maintenant en Afrique et en Asie. Les gens se regroupent, et disent qu’ils en ont marre, qu’ils n’attendront plus, qu’ils vont s’auto-organiser, et qu’ils pourront ainsi se démarquer du marché noir. Ils décident ensemble de leurs techniques de culture, pour produire et distribuer le cannabis de manière transparente. Ces groupes auto-organisant la production pour leurs besoins peuvent agacer leurs autorités locales, voire nationales, et peut-être même au niveau des Nations Unies…

Irun, le sommet de l‘Europe – en marche vers la légalisation

[RBH]²³ – Est-ce le premier salon du genre dans la région? Pourquoi vous êtes vous engagé à l‘organiser? Sans indiscrétion, ça coûte cher d‘organiser un salon de ce type?


Thomas : En juillet 2008, il y a déjà eu la «San Ferweed» à Pampelune qui se déroulait en même temps que les fameuses de fêtes de la San Fermen. Mais ce fut un échec car le public n‘était pas au rendez-vous.

Quand on m‘a proposé de rentrer dans l‘organisation, j‘ai tout de suite accepté, car en tant que professionnel je participe à de nombreuses foires et j‘ai donc l‘habitude de ce type d‘évènements, j‘ai aussi la vision de ce qui peut manquer aux visiteurs ainsi qu‘aux exposants.

Organiser un salon coûte très cher et demande beaucoup de temps, surtout si l‘on fait les choses avec coeur.

C‘est le premier salon transfrontalier franco-espagnol, combien de personnes attendez-vous? Pensez-vous que les Français seront massivement présents?
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Interview Du cannabis à La Réunion

Depuis quand vous êtes-vous engagé pour la cause cannabique et pour quelles raisons ?
Inconsciemment, depuis ma naissance, cela doit être génétique… consciemment, depuis le 2 novembre 2010. Etant fumeur de cannabis, je ne m‘étais jamais posé la question du quoi, pourquoi, comment ? A propos de l‘interdiction du cannabis dans le monde.

C‘est alors que j‘ai découvert un livre écrit par Jean-Pierre Galland (Fondateur du CIRC) : Fumée clandestine (révélations), puis j‘ai rencontré Emmanuel et Farid de Cannabis Sans Frontières, puis Jean-Pierre Galland sur un réseau social. A cette période, Bernard Rappaz dit le Gandhi du chanvre faisait une gréve de la faim qui dura une longue période de l‘année (respect total) pour la cause – il sortira de prison presque SDF, le système lui aura tout pris (indignation)-.

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