Les Cannabis Social Club Français au Journal Officiel

C’est un peu le début d’une nouvelle ère qui commence, ce 25 mars 2013, avec des Cannabis Social Clubs Français qui s’inscrivent dans le paysage, et qui voit donc leur création validée par la publication au Journal Officiel.

Ce jour, les médias vont se faire l’écho de déclarations en Préfecture, un peu partout en France, de nouvelles associations locales formées sous le titre « Cannabis Social Club Français [localité]« … Un processus qui s’ouvre au grand jour, dans l’optique de tirer un premier bilan vers le 14 juillet, un an après la première assemblée constitutive des Amis du CSCF.

Sur internet, deux spots appuient la démarche de Dominique Broc, le porte parole des CSCF, qui sera en procès à Tours le 8 avril pour « usage, provocation à l’usage et détention ["sans autorisation administrative"]« . Il est toujours possible de lui manifester votre soutien directement, en participant à cette opération originale.

Une réelle émulation se produit actuellement, et pour preuve cette excellente idée de création d’un espace de coordination des « G33KS », en espérant qu’il puisse servir à renforcer le mouvement de réforme des lois anti-drogues.

Pour se détendre de manière licite, on peut télécharger légalement les podcasts de l’émission stupéfiante sur RadioPulse.fr.

De l’intoxication mentale et de l’intoxication alimentaire

Il y a quelques jours, les médias français ont relayés la plainte déposée contre le fabriquant d’une farine ayant provoqué des troubles de santé à une consommatrice très à cheval sur son régime alimentaire. En fait, dix-huit cas d’intoxication ont été recensés en Provence et sept en Rhône-Alpes, depuis l’alerte lancée le 12 octobre dernier (Cf détails ci dessous).

La contamination de la farine de Sarrasin (blé noir) avec des fleurs de la Datura en est la cause. Cette herbe est aussi communément appelée « l’herbe des fous ».

Les symptômes décrits sont ceux d’une intoxication par l’atropine (sécheresse buccale, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation confusion, désorientation spatiotemporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Rappelons grâce à Wikipédia, que la Noix de Muscade peut avoir aussi des conséquences graves pour la santé :

Nausées possibles durant la première heure, pouvant entraîner vomissements et diarrhée dans certains cas. De violents effets secondaires qui durent plus de 24 heures font leur apparition : xérostomie (assèchement buccal), rougissement, mydriase (dilatation de pupilles), angoisse, tachycardie. La mort peut survenir à certaines doses[réf. souhaitée].

Les effets psychotropes se caractérisent par une intoxication du système nerveux central. Sédation intensive accompagnée par une altération de la parole et du fonctionnement psychomoteur. Souvent considérées comme incontrôlables et désagréables d’après les usagers, dans la mesure où elles entraînent un basculement frénétique d’états psychédéliques et sensoriels. Généralement accompagné par un sommeil long et profond, similaire à un état comateux (jusqu’à 16 heures). Amnésie, état léthargique, constipation ou rétention d’eau possible au réveil.

C’est une drogue très impopulaire et déconseillée car terrible à ingérer, supporter et éliminer.

Bien plus dangereuse que l’intoxication cannabique très bien connue depuis les travaux de Joseph Moreau de Tours et son Club des Haschischins, une intoxication à la Datura ou avec la Noix de Muscade pourrait conduire à la mort.

Et de l’intoxication alimentaire à l’intoxication mentale, il n’y a qu’un pas. Parce qu’il faut répondre aux détracteurs du cannabis comme BIDULE contestant la « belle unanimité » des 128 commentaires accompagnant l’article publié par Sophie Caillat sur le site Rue89.

Intoxications alimentaires liées à la consommation de farine de sarrasin

12/10/2012

Dix huit cas d’intoxication alimentaire sont survenus dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le 21 septembre et le 10 octobre 2012.

Une enquête a été entreprise par l’Agence régionale de Santé (ARS), et par les services de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) afin d’identifier le ou les produits à l’origine de l’intoxication.

Quelle est la cause ?

Ces investigations ont conduit à mettre en cause de la farine de sarrasin bio potentiellement contaminée par du datura, une plante sauvage connue pour sa forte teneur en alcaloïdes toxiques pour l’homme (atropine et scopolamine), qui se développe parfois aux abords des champs et peut contaminer les cultures lors des moissons.

Les boulangeries, magasins ou crêperies qui ont utilisé ou vendu cette farine de sarrasin ou les produits élaborés à partir de celle-ci (pains, crêpes, galettes…) ont été informés de cette contamination et ont cessé la commercialisation de ces produits. Des affichettes informent les consommateurs sur les lieux de vente du retrait et des mises en garde concernant ces produits.

Les symptômes

Les symptômes décrits sont ceux d’une intoxication par l’atropine (sécheresse buccale, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation confusion, désorientation spatiotemporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Les personnes qui auraient consommé les produits mentionnés ci-dessus et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à appeler le 15 ou de consulter rapidement leur médecin traitant en signalant le fait ainsi que le lieu et la date d’achat des aliments.

Les recommandations

Si vous possédez un produit bio à base de farine de sarrasin, il est conseillé de contacter le lieu d’achat afin de savoir si le produit est concerné par cette mise en garde ou non.

En savoir plus sur le datura :

Qu’est-ce que le datura ?

12/10/2012

Le datura est une plante toxique, dont la consommation peut entraîner des troubles hépatiques, nerveux et sanguins.

Les Cannabis Social Clubs se développent en France

Comme le démontre la liste des liens ci-dessous, cette première semaine de la trêve des confiseurs a été richement alimentée par le sujet du développement des Cannabis Social Clubs en France.

Tout d’abord, le jour de Noël, avec le cadeau de Camille Legrand dans le journal Le Monde :

- http://www.lemonde.fr/societe/reactions/2012/12/25/les-cooperatives-de-cannabis-sans-but-lucratif-aspirent-a-la-legalite_1810153_3224.html

Puis le 26 décembre, le 1945 de M6 consacrait 1 minutes 37 secondes, et sur le site Rue89, Sophie Caillat détaillait la démarche :

- http://www.m6replay.fr/le-1945#/le-1945/11266198-s01e361-cannabis-des-cultures-polemiques

- http://www.rue89.com/2012/12/27/les-cannabis-social-clubs-ne-veulent-plus-produire-cache-238115

Enfin, le jeudi 27 décembre, c’était au tour de TF1 de bétonner le sujet avec cette belle balise url :

- http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-cannabis-social-club-une-demarche-politique-et-pacifique-7743740.html

Reste à savoir comment les pouvoirs publics réagiront dans les semaines qui viennent, mais plus que jamais, l’union des amateurs et des amatrices du cannabis en tout genre est en marche pour obtenir le changement de la loi afin de garantir leurs droits, et des aménagements politiques pour mieux prévenir les risques et réduire les dommages liés à la consommation de drogues.

Parce qu’il est temps qu’une autre politique de régulation voit le jour, au Portugal pays souvent montrer en exemple pour les résultats de la politique conduite depuis 2001, les parlementaires du Bloc de Gauche viennent de finaliser leur proposition de loi pour encadrer l’offre et la demande de cannabis, en légiférant sur la base des Cannabis Social Clubs. De l’autre côté de l’atlantique, en Uruguay, le Président Mujica ardent défenseur d’une sortie de la prohibition pour lutter contre les organisations criminelles ne veut pas imposer « la dictature du cannabisssariat ».
Au Canada, avec le projet de loi présenté dimanche 16 décembre 2012, le gouvernement conservateur canadien souhaite cesser la production publique de cannabis au 1er avril 2014. Cette activité serait donc déléguée à des entreprises  privées. Joyce Murray, la députée libérale de Vancouver au parlement d’Ottawa, estime que ce projet est une « demi-mesure » et que seule la légalisation complète permettrait de trouver une solution aux problèmes actuels.

 

Cannabis thérapeutique : peut-on encore laisser les gens souffrir au nom d’une loi obsolète ?

Une semaine avant que le débat s’enflamme à nouveau à propos de la politique des drogues et en particulier celle à l’égard du cannabis, peu de personnes avaient entendu les déclarations de Daniel Vaillant défendant la contribution thématique « Cannabis, le laxisme c’est de ne rien faire » dans le cadre du Congrès du Parti Socialiste de Toulouse.

Depuis les déclarations de Vincent Peillon sur France Inter et la polémique qui enfle chaque jour, peu de gens auront entendu les arguments des personnes gravement malades consommant du cannabis pour soulager leur état.
Pourtant, une brève de l’AFP (reproduite ci-dessous) avait inondée la France, sans être vraiment reprise. Dommage, cela aurait sans doute évité quelques écueils pendant dix jours !

Alors que s’ouvre aujourd’hui au Parlement européen, la conférence « Avancées pharmacologiques et utilisations thérapeutiques des Cannabinoïdes en médecine », les médias vont s’obliger à quelques contorsions, pour oublier que la veille, ils reprenaient en boucle les propos mensongers de Jean François Copé ou Manuel Valls assénant tous deux hypocritement que le « cannabis est un poison pour le cerveau »… Car à ce jeu de la démagogie politicienne et de l’hypocrisie française, avec le cannabis, plus les mensonges sont gros, plus ça passe !

Comme avec la mise en avant de pseudos sondages pour tenter de clore la polémique autour du statut légal du cannabis en démontrant que 65% des français seraient opposés à la dépénalisation.

Mais en posant leur unique question avec réponse binaire « Dépénalisation ? Pour/contre », les instituts de sondages qui travaillent à la fabrique de l’opinion ont-ils osé demander aux sondés :
- Accepteriez-vous d’aller en prison pour avoir consommer du cannabis ?
- Pensez-vous que la peine prévue d’un an de prison et 3750 euros d’amende se justifie pour le simple usage du cannabis ?
- Pensez-vous que la pénalisation de la consommation de cannabis soit utile en prévenir les dangers ?
- Pensez-vous que la pénalisation de l’usage du cannabis protège la jeunesse ?
- Pensez-vous que cette pénalisation soit efficace contre les trafics ? Pour lutter contre les discriminations ? Pour interdire l’accès aux mineurs ? Pour protéger la santé des usagers ?
- Accepteriez la condamnation de votre enfant à 8 mois de prison ferme, pour le délit d’usage simple en situation de récidive ?

Autant de questions qui ne seront jamais vraiment posées pour éviter d’avoir 95% des personnes opposées à la pénalisation…

Car disons-le une simple dépénalisation ne ferait qu’amplifier les problèmes sans apporter de solutions, tandis qu’avec la légalisation il est encore possible de fixer des interdits, si chers aux tenants du pouvoir.
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Ces malades qui, face à la douleur, consomment du cannabis (PAPIER D’ANGLE)

Par Cécile AZZARO

PARIS, 9 oct 2012 (AFP) – Malgré l’interdiction, des malades consomment déjà du cannabis à des fins thérapeutiques, soulignent des associations qui attendent beaucoup du gouvernement, au moment où une étude souligne ses effets bénéfiques sur la sclérose en plaques.

Un essai réalisé en Grande-Bretagne sur 279 patients tend à démontrer que la consommation d’extrait de cannabis en cachets permet aux personnes souffrant de sclérose en plaques, de diminuer leur raideur musculaire, de moins souffrir et de mieux dormir.

L’ancien ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant a exhorté vendredi son parti à s’engager sur la légalisation du cannabis thérapeutique qui permet « de soulager des hommes et des femmes » souffrant de « maladies neurodégénératives, de certains cancers ou du sida ».

La loi française interdit d’acheter, consommer, détenir, donner, revendre ou cultiver du cannabis. Le produit est classé parmi les stupéfiants dénués d’intérêt médical et ne peut donc être prescrit, rappelle la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

Pourtant, à l’étranger, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, ou encore certains états américains admettent la prescription de médicaments issus du cannabis, souligne Jean-Pierre Galland, porte-parole du Collectif d’information et de recherches cannabiques (CIRC).

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui estime que 1,2 million de personnes sont des usagers réguliers de cannabis, ne dénombre pas ceux qui le font à usage thérapeutique.

Pour Farid Ghéhiouche, porte-parole du collectif Cannabis sans frontière, « peut-être un million de personnes utilisent le cannabis pour apaiser leurs douleurs », comme celles souffrant de maladies dégénératives, de sclérose en plaque, de lupus, de polyarthrites rhumatoïdes, celles sous chimiothérapie ou séropositives.

« Parcours du combattant »

Or seuls les patients disposant d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU), délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), peuvent consommer, sans être poursuivis, un médicament contenant du THC (substance active du cannabis), le Marinol.

Fin octobre 2011, un peu plus d’une centaine d’ATU avaient été accordées pour ce médicament, et moins d’une cinquantaine refusées, selon l’ANSM.

Mais la demande, qui doit être faite avec l’appui de son médecin, est « un parcours du combattant », et la plupart des usagers préfèrent fumer la plante, car le Marinol « n’est pas assez puissant », affirme Jean-Pierre Galland.

Lorsque les pathologies sont lourdes, les traitements sont aussi importants et le cannabis soulage les « dommages collatéraux », explique Fabienne Lopez, présidente de l’association « Principes actifs », qui regroupe des malades consommant du cannabis.

Elle-même sous chimiothérapie après un cancer, elle souffrait de démangeaisons qui la faisait se gratter « jusqu’au sang », et de « crampes en permanence »: « J’ai découvert que si je fumais du cannabis, je n’avais plus de crampes ni de démangeaisons. »

Faute de pouvoir obtenir et consommer légalement, de nombreux malades sont dans l’illégalité, d’autant que beaucoup se lancent dans la plantation, note Fabrice Olivet, de l’association Asud (Autosupport des usagers de drogue).

C’est le cas de Fabienne Lopez, qui cultive uniquement pour sa consommation. Son médecin traitant la soutient et lui a écrit une lettre justifiant sa consommation de cannabis. Mais ce document n’a aucune portée légale.

« On parle souvent des deux ou trois personnes qui ont été jugées et dispensées de peine ou relaxées », mais la majorité sont condamnées à du sursis avec mise à l’épreuve et à des amendes, dit-elle.

caz/ng/nm

Le Blogueur d’Arte : Interview de Michael Knodt du Hanf Journal

Le Blogueur d’Arte était consacré dimanche 30 septembre à la question du cannabis « Silence, on fume », pour le voir ou revoir http://videos.arte.tv/fr/videos/le-blogueur–6950690.html

Où l’on retrouvera les interviews de nombreux amis de [RBH]23 – La Gazette du Chanvre, comme celle de Martin Barriuso en Espagne (Cf. le N°8 de [RBH]23), d’Olivier Asteggiano et Fabienne Lopez pour Principes Actifs, d’Anne Coppel auteure du livre « Sortir de l’impasse ».

En complément des sujets diffusés sur la chaîne franco-allemande, cet entretien de notre homologue outre-rhin et ami du Hanf Journal, Michael Knodt.

http://www.arte.tv/sites/fr/leblogueur/2012/09/30/michael-knodt-linformation-sur-le-cannabis-est-trop-peu-basee-sur-des-faits-reels/

Enfin de l’information sous un jour véridique.
Date(s) de rediffusion : Vendredi, 5 octobre 2012, 11h35.

 

Cannabis et HIV-Sida

«Bien sûr, je ne vais pas mourir sur le champ…»

Entretien avec une personne concernée

Quelque part, dans un appartement d‘un immeuble quelconque d‘une ville allemande, depuis plusieurs années, sans que personne ne puisse le remarquer, un grand criminel potentiel se terre. Non, pour fabriquer des bombes ou martyriser des enfants, mais seulement parce que cette personne atteinte du HIV-Sida cultive des plantes de cannabis.*

Andréas 48 ans, séropositif, nous attend dans l‘embrasure de sa porte d‘entrée pour nous accueillir chaleureusement.

[RBH]23: Bonjour Andréas

Andréas : Salut

[RBH]23: Depuis quand es-tu séropositif ?

Andréas : Je pense depuis 1990, mais on me l‘a confirmé qu‘en 1992 quand le virus s‘est déclaré.

[RBH]23: Quelle est la nature de ton traitement thérapeutique?

Andréas : Tous les matins, je prends des antiviraux en comprimé, et sur les conseils de mon médecin, du cannabis.

[RBH]23: Comment agit le cannabis ?

Andréas : Tout d‘abord, je dois dire que ça m‘aide à atténuer mes problèmes d‘estomac causés notamment par la lourdeur des médicaments et à retrouver de l‘appétit. Vous n‘avez pas idée de l‘impact positif que cette plante peut avoir, surtout lorsque vous vivez avec la douleur et les peines que vous ne pouvez pas supporter.

[RBH]23 : Que se passera-t-il si tu n‘as plus de fleurs de cannabis pour ta consommation ?

Andréas : Heureusement, je ne vais pas mourir sur le champ, mais c‘est un lent processus de dégradations. D‘abord mon estomac se rebelle à la prise du traitement et je perds mon appétit. Cela n‘est pas très grave sur un ou deux jours, voire une semaine, mais mon poids s‘en ressent. Parfois, je ne fais qu‘avoir des nausées avec l‘envie de vomir toute la journée. Je ne supporte plus ces pilules, ça joue directement sur mon état psychique. Petit à petit, les désagréments s‘enchaînent et c‘est vraiment pas beau à voir.

C‘est pour ça que je me suis lancé dans la production de mon remède, afin de limiter les conséquences des pénuries.

[RBH]23 : Est-ce que tu as tenté d‘obtenir une autorisation spéciale délivrée par le BFArm (l‘agence fédérale allemande du médicament et des services sanitaires) ?

Andréas (rires) : Il y a quelques années, j‘ai été arrêté en possession de substances illicites et cela m‘a valu une condamnation, même si je pouvais démontrer qu‘il s‘agissait d‘une auto médication. Je ne sais pas dans quel sens la situation évoluera, mais à partir du moment où la loi garantira mon intégrité, alors je ferai cette demande. Mais pour le moment, je ne veux pas éveiller les soupçons. Le pire, c‘est que j‘ai des contacts réguliers avec de nombreux patients qui sont suivis par mon docteur, et tous emploient du cannabis à des fins thérapeutiques comme moi. Mais pour ceux recevant leur traitement à domicile et dans l‘impossibilité de sortir, ils ne peuvent avoir recours ou cultiver du cannabis parce qu‘il y a les agents des services médicaux présents au domicile, qui ne souhaitent pas être associées à de telles activités, illicites.

Mais si je fais l‘effort d‘offrir quelques sommités fleuries, je risque d‘être considéré comme un revendeur par le tribunal et le juge. Mais si je ne fais rien, je me sens coupable de non-assistance à personne en danger. Tant que la situation restera bloquée de la sorte, je ne me vois pas vivre conformément à la loi. J‘en suis bien conscient et je dois faire avec.

[RBH]23 : Quelles sont les variétés que tu cultives ?

Andréas : Je fais au plus simple, sans me compliquer la vie. J‘ai de la « New York Diesel » sur un mètre carré et demi. Un terreau biologique, et des engrais bios aussi, c‘est tout. Mon seul luxe est d‘avoir installé un système pour extraire et filtrer l‘air, pour m‘assurer que personne dans le voisinage ne se plaindra de l‘odeur. Je fais deux récoltes par an pour couvrir mon auto-médication. Cela me fait environ 600 grammes par an, ce qui me permet d‘avoir environ un à deux grammes pour ma consommation quotidienne.

[RBH]23 : …C‘est sans doute la raison pour laquelle tu peux avoir de gros problèmes si tu te fais arrêter ?

Andréas : Oui, comme cela m‘est déjà arrivé il y a quelques années. Heureusement que je suis tombé sur un juge compréhensif, qui dans sa clémence ne m‘a condamné à ne payer qu‘une amende forfaitaire.

[RBH]23 : Comment se passe tes journées ?

Andréas : Le matin, juste après les premières pilules de mon traitement, je fume une petite pipe pour mon estomac. Après ça, je m‘allonge une heure, avec un estomac plein de molécules chimiques. Après ça, je peux enfin déjeuner et la journée peut commencer. Tant que je dispose de mes traitements, le légal et l‘illicite, ma vie quotidienne n‘est pas si différente d‘une autre personne. J‘ai un tas de choses à faire, et depuis deux ans, je suis en mesure d‘avoir un travail à temps-partiel.

[RBH]23 : Merci Andréas pour cet entretien, soit prudent et tout le meilleur pour la suite.

Andréas : Merci, et fais attention toi aussi.

* Cet entretien fait partie d‘une série de portraits d‘Andréas publiés au cours des cinq dernières années par nos homologues du Hanf Journal et que nous publierons dans les prochains numéros de [RBH]²³.

Image: © 2011 Peter Marks