Edito: De retour pour de bon

Ouf, enfin, il est là, entre vos mains, et comme vous, nous sommes ravis. Nous espérons que d’autres annonceurs viendront pour ajouter des pages (pour couvrir plus de sujets) et surtout pour augmenter le tirage et toucher plus de monde encore avec votre aide.

Le gouvernement a nommé Mme Jourdain Menninger à la tête de la MILDT, avec pour mission de résorber une dizaine d’années de politique totalement contre-productive, sauf pour remplir les prisons, surcharger les tribunaux, creuser le fossé entre usagers et institutions, stigmatiser davantage des personnes déjà en situation d’exclusion… La liste est longue des effets négatifs de l’ordre sarkoziste, on aimerait que Valls-Ayrault-Hollande s’en démarquent vraiment.

La France des records négatifs devrait pourtant faire son introspection comme premier pays consommateur au monde de psychotropes légaux, avec les graves conséquences pour la santé en général et même pour la sécurité routière au final. Au même titre que l’on parle du scandale du Mediator, quid de l’avenir des enfants traités avec des amphétamines auxquels on interdit l’accès à l’école s’ils oublient leur traitement ? Pourquoi feindre d’ignorer que la consommation de drogues illicites est aussi massive en France, et que les statistiques du primo-usage deviennent alarmantes? La crise a bon dos pour imposer des «efforts», des «restrictions», des «sacrifices». Mais n’est-il pas temps de faire une pierre deux coups? Diminuer les dépenses publiques liées à la répression conséquence d’une prohibition aveugle, et augmenter les recettes des collectivités par une forme de régulation légale.

Néanmoins, entre les propositions du rapport Raimbourg et celles de la conférence de consensus pour la prévention de la récidive, il existe bien une tendance réformatrice.

 

Car si l’expérimentation de salle d’injection supervisée est tolérée, il devrait être acceptable pour tous de voir des cannabistrots libérer les halls d’immeubles ! Et pour vite améliorer la situation, les autorités devraient garantir l’essor des Cannabis Social Clubs Français dont la presse a fait grand bruit ces derniers mois, un sujet que nous abordions déjà en juin 2011…

En espérant que l’aventure continue longtemps avec votre soutien.

redaction@rbh23.com

L’Edito du N°8 – Tous ensemble

«Un spectre est en train de hanter l‘Europe: le Cannabis Social Club», indiquait Encod dans son dernier bulletin de Septembre 2012. «La nécessité de briser les chaines de l‘interdiction et celle d‘un contrôle plus transparent et responsable de la production, de la distribution et de la consommation du cannabis obligent les citoyens de l‘Union Européenne à trouver des solutions aux problèmes que les politiciens sont incapables de résoudre».

Le problème est ainsi parfaitement posé. En France, durant la campagne présidentielle, François Hollande, en renvoyant au niveau de l‘Union européenne (qui définit actuellement sa stratégie 2013-2020), avait montré peu d‘intérêt pour s‘engager sur ce terrain. Son actuel premier ministre a redit qu‘il ne changerait rien, bien que certains membres du gouvernement semblent avoir pris en compte les enjeux du problème. Or plus on attendra, plus ce sera difficile de résoudre les dégâts causés par la politique prohibitionniste.

C‘est pourquoi la création de Cannabis Social Clubs en France, depuis le 14 Juillet, ne peut être qu‘une bonne nouvelle pour tout le monde. Tant cela répond aux besoins d‘usagers de toutes natures, avant tout responsables, qui ne veulent plus être pris aux pièges du marché noir, tout en permettant au gouvernement de faire sérieusement le tour des questions à résoudre et de s‘en donner les moyens. Cannabis Sans Frontières ainsi que le CIRC soutiennent cette initiative.
Libération, sous la plume de Michel Henry relate les démêlés de Pierre-Michel Zipstein avec la justice. Cet honnête citoyen en situation de récidive pour la culture de plants de cannabis, essaie avec les moyens dont il dispose pour se défendre, de faire reconnaître aux magistrats que selon la loi, il devrait être jugé en cour d‘assises et non pas en correctionnelle. Il a donc saisi le Conseil constitutionnel par l‘intermédiaire de la cour d‘appel qui trouvait «l‘objet» sérieux. La cour de cassation a refusé de l‘admettre. Rejugé en correctionnelle et ayant écopé d‘un an de prison dont 6 mois avec sursis, il devait être repassé en cassation… Quel est donc ce pouvoir judiciaire qui ne veut pas faire appliquer la loi? On sait bien que le passage en assises coûte plus cher que le simple jugement en correctionnelle, et que la rigueur budgétaire impose ses restrictions. On sait également qu‘aux assises il y a des jurés, la chère voix populaire que tout le monde invoque mais n‘ose pas vraiment affronter.

Il est cocasse que ce soit à un individu réclame le respect des textes édictés, dans des élans hâtifs, comme cette sinistre loi du 31 décembre 1970. En France, à la différence de la Belgique ou de l‘Espagne, si l‘Etat veut attaquer les Cannabis Social Clubs qui essaiment aujourd‘hui, il risque bien, cette fois de juger une association de malfaiteurs en bande organisée pour la production, la distribution et la consommation de cannabis… qui revendiquera alors, comme un seul homme, la stricte application de la loi.

Les mois qui viennent seront cruciaux, soyons solidaires face à la justice, pour revendiquer le droit de cultiver des plantes.

redaction@rbh23.com

Si ça fuit, faut faire un joint !

«Est-ce qu‘il y a un joint qui tourne ? « demande Richard Branson à Barack Obama, dans la Maison Blanche, mais on ne sait pas si c‘était pour lui dire « monte sur la corde à la linge » ou « lâche la boulette paie ton spliff »…

A Carthagène, au sommet des Amériques, le même Barack Obama dit « qu‘il n‘est pas opposé à un débat, mais que lui et son administration restent opposés à la légalisation » et une semaine plus tard le tsar antidrogue US, Gil Kerlikowske détaille un programme de 113 mesures axé prioritaitement sur la prise en charge sanitaire, la prévention, des mesures « pour tourner le dos aux politiques du passé qui conduisent aux incarcérations de masse, en ignorant qu‘il est nécessaire d‘avoir une approche équilibrée ». Remarquons qu‘en moins d‘un an, une dizaine de pays sud-américains ont adopté des mesures pragmatiques en rupture avec la sacro-sainte « guerre à la drogue » si chère aux Gringos !

Ailleurs aussi, ça craque ! En Australie, ils avancent à grand pas. En Tunisie, on manifeste pour la dépénalisation de la consommation de cannabis. Au Maroc, on y pense de plus en plus et la presse s‘en fait l‘écho, parce que « l‘or vert » aurait plus d‘avenir que l‘or noir. En Indonésie, des usagers de drogues manifestent pour dénoncer les violences policières à leur encontre. Même en Malaisie, la réduction des risques fait son chemin. En Iran où l‘on distribue des seringues propres aux usagers incarcérés pour lutter contre les maladies infectieuses, comme le SIDA, mais en France ce n‘est pas possible !

En Europe, en Allemagne, les partisans de la légalisation programment une tournée de « 100 jours pour la légalisation » ; en Espagne, le maire d‘une ville fait voter par référendum le lancement de la culture de cannabis pour renflouer ses caisses ; la ville de Copenhague veut légaliser et les coffeshops de la province de Maastricht résistent… contrairement à ce qu‘on veut nous faire croire ici dans l‘Hexagone. Et l‘évidence s‘impose, le génie commence à sortir de la bouteille. La légalisation, une autre forme de régulation du phénomène « drogues » est à l‘ordre du jour partout dans les têtes. Y compris au niveau de l‘Union européenne, où les organisations de la société civile sont maintenant partie prenante des discussions conduites sous la présidence danoise et qui se termineront à Chypre vers la fin de l‘année.

Mais en France, 21 millions de spectateurs regardent benoîtement un drame national (mondial), et on continue de faire comme si cela n‘existait pas : les personnes atteintes de maladies gravement handicapantes ne peuvent toujours pas se soulager facilement avec du cannabis. Avez-vous entendu ou vu lors des Sidaction ou Téléthon, une seconde de témoignage à propos de l‘usage thérapeutique du cannabis ?

Ici, on condamne Jean Paul Laurent et des milliers d‘anonymes avec un simple test salivaire non fiable à 100%, bientôt l‘ethylotest vierge obligatoire dans le véhicule (donc toujours en avoir au minimum deux pour se « rassurer »), etc… Et on peut multiplier les exemples pour renflouer les caisses de l‘Etat policier en même temps que celles des laboratoires. Même si ça coûte encore plus cher à la société.

Des milliers d‘individus, usagers de drogues, internautes, travailleurs immigrés, demandeurs d‘asile, des « nounous », des « biffins », etc… sont condamnés à devenir des délinquants et à désobéir aux multiples lois liberticides… C‘est pour réagir face à cette urgence globale pour la défense de nos droits humains vitaux, que des Pirates, des Indigné-e-s, des Hereristes ou Erroristes sont en train d‘émerger du paysage mondial. Parions que bientôt ils inonderont le pré carré comme un tsunami pacifique.

Alors Barack, Angela, Vladimir, Hu, Nicolas, David ? C‘est sûr. Il faudra plus d‘un joint pour colmater les brèches du vaisseau terre !

redaction@rbh23.com

Legalisons-nous, maintenant

Et de 5 pour [RBH]²³ – La Gazette du Chanvre. Cinq «cann‘arts» comme les doigts d‘une main que l‘on prend pour se rassurer et sortir de l‘ombre à la lumière, comme une caresse inattendue revigorant le coeur et l‘âme face aux crises qui n‘en finissent plus, comme une tape dans le dos pour donner l‘envie d‘aller de l‘avant face au mur de l‘adversité… En criant «légalisons-nous !»

Et si on mettait du cannabis, du chanvre, de la marijuana, de la ganja, un peu d‘zamal et beaucoup de pakalolo (et inversement) dans cette campagne … Qui n‘est pas qu’ électorale ?

Comme d‘habitude, nous n‘avons pas pu tout mettre, en détail, notamment pour évoquer les enjeux de la nouvelle stratégie européenne en matière de Drogues qui sera adoptée d‘ici la fin de l‘année. En France aussi, le gouvernement devra dans les mois prochains renouveler son plan d‘actions. Mais le clou de l‘affaire se situe à Vienne, où comme pour la fin du nucléaire, la sortie de la prohibition des drogues (du Sud) est «sous contrôle», depuis 1912, avec le Traité de La Haye… Aujourd‘hui c‘est l‘Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, et plus particulièrement un organisme indépendant agissant pour le compte de l‘ONU – l‘OICS (le sigle anglais est INCB), qui fixent la classification internationale s‘imposant partout. Soyons mobilisés au niveau international du 9 au 16 mars, le 20 avril, du 5 au 12 mai, et pour «l‘Appel du 18 joint» fêtons la légalisation en France ! Yes, we can… Bis.

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La parole aux usagers du cannabis

Alors que nous mettons la dernière main à ce numéro consacré à l‘importante question du cannabis thérapeutique, nous recevons des informations émanant du collectif Principes Actifs créé au début de l‘année 2011. Ce collectif est uniquement constitué de personnes qui en font un usage thérapeutique et dont les affinités se sont cristallisées autour du projet d‘être tout simplement utiles ensemble. Outre la mise en ligne prochainement d‘un site internet où on trouvera de l‘information, des témoignages, divers conseils etc., ce collectif s‘engage dans l‘action. Dans leur communiqué, le collectif Principes Actifs explique :

«Nous sommes malades mais responsables et avons décidé de nous prendre en charge, nous savons ce qui nous fait du bien au travers de notre usage, mais parmi nous, certains ne savent où et comment s’en procurer sans passer par le marché noir. Et là, ils prennent des risques : interpellation, achats de produits frelatés et/ou de mauvaise qualité.

De fait ceux et celles qui le peuvent le cultivent, mais en dehors du contrôle de la qualité, les ennuis peuvent être du même ordre. Résultat, de trop nombreux malades se retrouvent au tribunal, et, malgré un dossier médical, ils sont condamnés à des peines fermes ou avec sursis, et des amendes. Cette situation doit cesser ! Elle est criminogène, voire criminelle. Nous revendiquons une facilitation de l‘accès aux traitements existants, et préconisons si l‘état physique de la personne malade le permet, l‘auto-production raisonnée en attendant un changement du cadre légal. Un médicament ne pouvant pas se présenter sous forme fumable, le Collectif préconise d’autres formes d’usage : vaporisation, ingestion, sublingual, patch. Le collectif est soutenu par des professionnels de santé et des militants du monde associatif ».

Soulignons qu‘en théorie, la loi est la même pour tous et s‘applique de partout à l‘identique. Pourtant en matière de justice, en fonction des régions les verdicts sont totalement différents. A Strasbourg vous pouvez être dispensé de peine, à Bourges vous pouvez être relaxé, à Agen ou Cahors vous aurez une amende avec sursis, entre Annecy et Chambéry vous pouvez être condamné à 3 ans de prison… Cela n‘a pas de sens, la logique voudrait que les personnes ne soient pas jugées, et toutes celles en détention libérées immédiatement.

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Comme une graine qu’on arrose

Et voilà le n°2 de [RBH]23 qui paraît. On peut s‘en frotter les yeux. Étant d‘abord des individus engagés, pas vraiment professionnels, quelquefois nous avions un peu douté de pouvoir relever ce défi. Nous avons aussi été encouragés par les diverses réactions assez favorables. Un grand Merci à l‘ensemble des personnes qui n‘ont pas calé pendant cette période de léthargie estivale, permettant de boucler ce [RBH]23 N°2.

Ce numéro permettra de mieux appréhender les prochaines élections en France, à l‘aune des remous médiatiques causés par le rapport Vaillant. Bien sûr, il y a un frémissement. La politique des drogues devient enfin un enjeu économique, pas seulement pour les rentrées fiscales envisagées si le cadre légal changeait, mais aussi du fait des nombreux coûts qu‘engendre la prohibition pour l‘ensemble de la société. Il était temps qu‘on s‘en rende compte. Pour le moment, on voit malheureusement le vieux statu quo dominer largement. Y-aura-t-il du cannabis dans la campagne prochainement ? En dépit de Stéphane Gatignon et de Daniel Vaillant, et malgré la place que le débat aura pris dans la presse (Voir l‘article de Raph, Page 3), il semble qu‘aucune des candidatures déclarées ne l‘envisage sérieusement. C‘est parce que cette question, comme nombre d‘autres, risquent fort d‘être escamotées dans le débat présidentiel qu‘une campagne Altermondiste Liberterre est apparue. Avec sept propositions pour une vraie gauche. Une campagne à suivre sur le site farid2012.org. Il faut changer les lois et sortir de la nuit de la prohibition. Mais en attendant on peut toujours, comme y engageait Voltaire, «cultiver son jardin»…Vive l‘autoproduction! N‘oublions pas qu‘on enferme aujourd‘hui encore des militants de la paix des drogues, comme Marc Emery aux Etats Unis, et Bernard Rappaz, en Suisse, qui a recommencé une grève de la faim depuis le 12 août. Amnistie pour les prisonniers politiques de la guerre anti-drogues !

Pour en savoir plus, rejoignez-nous sur le site RBH23.com

La Gazette du Chanvre une premiere!

Ce journal, gratuit, bimestriel, francophone, distribué aussi bien en Suisse qu‘en Belgique et en France, va donc parler du chanvre, du cannabis sativa L., dans toutes ses formes d‘utilisation, de son intérêt industriel, textile, de ses qualités nourricières, dépolluantes, du potentiel de sa biomasse, de son usage thérapeutique, mais aussi évoquer sa réalité relaxante, largement en usage en dépit des lois en vigueur.

Depuis le militantisme enthousiaste de Jack Herer la réhabilitation du chanvre suit tranquillement son chemin, la nature nous ayant doté d‘une plante aux innombrables usages, largement exploités un peu partout dans le monde depuis des millénaires. Mais le chanvre qui palliait si bien aux besoins humains ne convenait pas aux avancées de la pétrochimie industrielle. C‘est pour faciliter l‘essor des fibres synthétiques inventées par Dupont de Nemours (le Nylon) tout en favorisant les producteurs de coton et ceux de pâte à papier que le cannabis a été interdit pour la première fois aux USA. Bien qu‘en 1941, à la faveur d‘une campagne « Hemp for Victory » pour soutenir l‘effort de guerre, les USA relégalisèrent, provisoirement, le cannabis. En France son usage textile cessa pratiquement avec l‘utilisation du coton, exporté par les USA, et plus facilement transformable. Vieille plante ancestrale, il a fallu attendre les besoins nouveaux dus aux crises pour en retrouver les vertus simples. C‘est une plante qui pousse facilement, nécessite peu d‘eau, et les procédés de transformation actuels sont nettement plus commodes. Par contre, les conventions internationales qui régissent les substances psychotropes ont fini par l‘englober dans leurs interdictions au même titre que d‘autres substances terriblement plus néfastes, tandis que d‘autres plus nocives sont licites et sans «intérêt pharmacologique ». Cette prohibition a sans aucun doute renforcé l‘usage annexe, permettant à des trafics socialement perturbateurs de s‘établir sans vergogne, et interdisant toute information sérieuse et recevable. La Gazette du Chanvre ne peut pas changer les lois existantes, mais peut-être ouvrir des pistes de réflexions et d‘actions pour l‘évolution des mentalités. Ce journal ne fera pas l‘apologie de la décroissance et n‘incitera pas au retour à un mode de vie archaïque. La Gazette du Chanvre souhaite surtout contribuer, à sa modeste place, au retour du naturel raisonnable, respectueux d‘un mode de vie soutenable, de la biodiversité, du loisir et de la détente modérée et tranquille, au soulagement correct et inoffensif des douleurs causées par diverses pathologies. Vaste entreprise que les perturbations mondiales de tous ordres encouragent finalement…

L‘équipe de [RBH]²³ – La Gazette du Chanvre souhaite que ce journal, en informant des nombreuses propriétés et de la variété d‘utilisation de cette plante réveille l‘intérêt qu‘on doit lui porter en dépit de plusieurs décennies de diabolisation fallacieuse.
Pour nous contacter :redaction@rbh23.com