mercredi, 6. juillet 2011

Tyrannie de la majorité politique contre les usagers de Cannabis

Traditionnellement, la science politique et l‘observation empirique des régimes au pouvoir opèrent une distinction entre systèmes tyranniques (despotiques, dictatoriaux, totalitaires) et démocratiques. Pourtant, la démocratie, apparente, peut dissimuler une tyrannie de la majorité.

Comme par exemple celle de la prohibition du Cannabis décidée il y a plus de 40 ans. L‘empire moral de la majorité est parti de l‘idée qu‘ils ont plus de lumières et de sagesse au détriment de la minorité des usagers. Car ces étatistes passent leur temps à blâmer et prohiber des choix individuels qui n‘affectent que leurs auteurs, et instaurent même des mécaniques de répression pour la présentation du cannabis sous un jour favorable (L-4321-4, ex-L630) afin que personne ne puisse s‘informer correctement et que la version diabolisée soit vérité. Dans ce but ne sont principalement subventionnées que des études démontrant soigneusement le potentiel danger éventuel de la plante.

L‘une des règles fondamentales de la démocratie demeure celle du respect de la volonté majoritaire. Or dès la base celle-ci est faussée, d‘une part parce qu‘elle rejette la légitimité du choix de tous ceux qui ne se conforment pas au discours général. Politique qui d‘autre part découle des informations publiées dans ce cadre de recherche et de publication orientée. Cette puissance se manifeste de manière tyrannique quand elle occulte des questions légitimes, niant les droits humains fondamentaux et d‘autres principes…

La notion de tyrannie suppose l‘effet d‘une domination absolue, autoritaire, arbitraire, sectaire. Celle-ci se conforte par l‘opinion publique manipulée et aboutit à un courant de pensée unique qui envahirait littéralement la scène démocratique, formant la majorité : le corps législatif qui la représente, le pouvoir exécutif qui est son instrument, le système judiciaire, qui n‘est autre que la majorité revêtue du droit de prononcer des arrêts.

Périodiquement, quelques uns alertent sur les dangers du politiquement correct ou de la pensée unique, mettant en garde contre l‘apparence qui permet de croire que vous restez parmi les hommes citoyens alors qu‘en fait vous en avez perdu les attributs par un insidieux verrouillage de la vie publique. Il faudrait prendre en compte les effets pervers du politiquement correct aujourd‘hui distillé par l‘omnipotence de ceux qui nous gouvernent, car cela ne génère que désespoir et finalement révolte chez ceux qui subissent en n‘ayant plus trop de choix.

Aucune démocratie digne de ce nom n‘a le droit de simplement nier, mépriser au nom d‘un pseudo bien public une réalité perverse qu‘elle a contribuée à mettre en place. Elle a aussi des devoirs envers la minorité bifurquante de la norme prônée. La répression pure, comme cela se vérifie chaque jour, ne sert à rien, sinon à aggraver les symptômes que l‘on prétend combattre

Sortir la société de la prohibition c’est d‘accepter de voir le monde tel qu’il est et ne pas fuir honteusement la réalité. C‘est aussi vouloir informer pour responsabiliser. C‘est également affirmer combattre les mafias et libérer des territoires entiers de la violence. C’est libérer des personnes et des familles d’un système qui les opprime et qui détourne leurs enfants de la socialisation.

C’est précisément le moment ou jamais de réfléchir, pour ne pas terminer tous dans l‘insécurité. 40 ans après, il serait temps de faire le bon choix. Celui des USA, du Canada de la Finlande, de la Russie… se rendant compte vers la fin de la première moitié du XXème siècle, que leur détermination moralisante n‘avait entrainé que de graves dangers pour la santé publique, un manque à gagner sur les taxes possibles, un coût exorbitant pour tenter de faire respecter la loi, un désordre social prononcé, et surtout une inefficacité totale de ce type de lois drastiques limitant les libertés individuelles. D‘autant plus qu‘il y avait également, comme actuellement une certaine antinomie entre la législation et les pratiques courantes des “notables“ et des politiciens.

C‘est précisément le moment ou jamais de prendre en compte une réalité et d‘aménager des lois démocratiques pour que le désordre actuel ne s‘amplifie pas dangereusement.

Par André Fürst

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