jeudi, 22. septembre 2011

Le débat est ouvert, pas seulement en France

Le 2 juin 2011, la Commission Mondiale sur la politique des Drogues composée de 19 personnalités rendait publics un rapport et une pétition avec plus d’un demi-million de signatures, adressés à l‘ensemble des chefs d‘état du monde, au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, ainsi qu‘aux médias internationaux.

Le rapport constatait qu‘après plusieurs décennies d‘application d‘une politique onusienne en échec, il était urgent de réformer les politiques nationales, mondialement. Il préconisait une dépénalisation de l‘usage de drogues et une légalisation du cannabis.

Ces propositions basées sur la faillite de la prohibition marqueront ce mois de Juin, comme jamais auparavant n’avait été autant cités les mots dépénalisation, légalisation, régulation pour sortir du système de contrôle international instauré par la convention unique sur les stupéfiants adoptée en 1961. Dans tous les pays, même en France de manière assez inédite, le débat s‘est ouvert avec plus ou moins de vigueur. Et il risque de continuer dans la perspective des élections générales en 2012 qui se produiront en Mars en Russie, en Mai en France et en Novembre aux Etats Unis (trois pays membres du Conseil de sécurité). Egalement parce que d‘ici la fin de l‘année la Commission Européenne doit renouveler la stratégie et le plan d‘action de l‘Union européenne. Et peut-être cette fois les conclusions du rapport Reuter-Trautmann sous l‘impulsion du Forum de la Société Civile seront véritablement prises en compte.

En France aussi, le plan d‘action de la MILDT doit s‘achever cette année. Il est difficile de présager la future position de ce pré carré de la prévention obsolète et de la répression vertueuse comme seul moyen d‘action. Un revirement paraît assez peu probable, mais sait-on jamais, il y a toujours moyen, par le biais d‘une habile dialectique, de ne pas s‘enfoncer dans les idées récessives et d‘enfin s‘ouvrir aux réalités du monde sans déchoir.

Il faut espérer que les multiples rapports, études, témoignages, écrits, de tous horizons, fassent prendre conscience de l‘inanité d‘une politique hypocrite. Un plant de cannabis n‘est pas plus dangereux qu‘un cep de vigne, une fleur de Purple haze, chère à Jimmy Hendrix, est peut-être moins nocive qu‘un verre de gnôle… C‘est cette inadéquation à une société évolutive qui a fortement contribué à provoquer la situation actuelle. Einstein disait «la folie, c‘est se comporter de la même manière, et s‘attendre à un résultat différent». Vouloir se raccrocher aux principes ne correspondant pas à une époque ressemble aussi aux combats perdus d‘avance. Il devient urgent de ne plus s‘obstiner.

Dans le cadre des élections européennes en 1999, Jean Pierre Galland avec le soutien des Verts, puis en 2009 avec la liste Cannabis Sans Frontières (alternative écologique) présentant «12 propositions pour sortir de l‘hypocrisie» avaient alerté les politiques et tenté de réveiller les militants. Il serait temps que les multiples usagers sortent du bois et s‘organisent enfin, pour faire admettre leurs revendications.

Pour 2012, parmi les 7 propositions de la campagne Altermondiste Liberterre consultables sur le site farid2012.org, celle-ci devrait interpeller les 550 000 usagers quotidiens du cannabis et les 12 millions de français qui auraient enfreint la loi : «Pourquoi et comment sortir de l’hypocrisie de la prohibition des drogues ? La «guerre à la drogue» est coûteuse et inefficace, c’est une guerre contre les pauvres, la nature humaine et la biodiversité. Il devient urgent d’instaurer une forme de régulation de la production, de la distribution et de la consommation sur des bases pragmatiques et tolérantes du cannabis et d’autres psychotropes.»

 

 

Plus d‘infos sur :

http://globalcommissionondrugs.org/Report

http://cannabissansfrontieres.org/12-propositions-pour-sortir-de-l,205.html

 

Par Farid Ghehiouche

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