mardi, 13. mars 2012

Petit plaidoyer pour une légalisation du cannabis

O n estime à 12 millions le nombre de personnes qui ont enfreint la loi, au moins une fois dans l‘année, entre 4 et 5 millions le nombre de consommateurs réguliers (au moins une fois par mois) et 550 000 les personnes qui en font un usage quotidien.

Un français sur 5 consomme des psychotropes légaux (opiacés, somnifères, neurorégulateurs, bêta bloquants). Le trafic illicite de stupéfiants génère plusieurs milliards d‘euros par an. Les profits financiers alimentent d‘autres filières du crime organisé jusqu‘aux organisations terroristes. Cependant, à la différence de l‘alcool, la dépendance physique au cannabis est quasi nulle, la dose létale est inconcevable, personne n‘est mort directement à cause du cannabis. Bien que la communauté scientifique (rapport de la commission Henrion en France, rapport du Pr Nutt au Royaume Uni) s‘ accorde sur une classification nouvelle qui placerait l‘alcool au même niveau de dangerosité sanitaire et sociale que l‘héroïne, tandis que le cannabis serait entre le café et le thé, force est de constater que les mensonges pernicieux du système prohibitionniste demeurent. Au-delà d‘une utilisation du cannabis aux propriétés psychotropes ou médicinales, la France peut s‘enorgueillir d‘être le plus grand producteur européen, et le second au niveau mondial derrière la Chine, de chanvre légal (dont les variétés contiennent moins de 0,3% de principes actifs). Ces cultures de chanvre agricole ne nécessitent aucun engrais, ni aucun traitements insecticides, ni antifongiques et cela au plus grand bénéfice des sols ainsi régénérés. En ce qui concerne les propriétés médicinales du cannabis, dont on commence à reconnaître l‘immense potentiel, cette utilisation massive pourrait avoir une incidence positive sur les comptes de la Sécurité sociale. Regrettons qu‘actuellement en France, un peu moins d‘une centaine de personnes atteintes de maladies graves peuvent bénéficier d‘un traitement à base de cannabinoïdes après l‘obtention d‘une A.T.U. (Cf. RBH23 N°4).

De plus, si une légalisation intervenait, et décriminalisait l‘autoproduction à des fins personnelles, tout en garantissant un système régulé d‘ approvisionnement pour les consommateurs, il va sans dire que les budgets consacrés actuellement à la répression pourraient être utiles sur d‘autres missions importantes.

Au-delà de nos frontières, nombreuses sont les expériences dont on pourrait s‘ inspirer pour définir un nouveau régime légal original. Il existe de fait une dépénalisation de l‘usage qui augmente les effets du trafic illicite, c‘est pourquoi la légalisation, inéluctable, est souhaitable.

Soyons réalistes, devenons pragmatiques, agissons avec intelligence et ça changera certainement.

par FARId Ghehiouèche

 

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