vendredi, 15. mars 2013

Le crime organisé et la police française

L’ex-numéro 2 de la Police judiciaire à Lyon, Michel Neyret, libéré de prison en Mai après huit mois de détention, après avoir été révoqué par le ministère de l’Intérieur, est mis en examen depuis son arrestation en octobre 2011 pour « corruption, trafic d’influence, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants ». Il encourt jusqu’à dix ans de prison à son procès, qui semble maintenant inévitable. La plus haute juridiction française a confirmé un arrêt de la cour d’Appel de Paris rendu en Mai et a rejeté les arguments de cette figure déchue de la police française et de plusieurs autres gradés, qui voulaient notamment faire déclarer nulles procéduralement des écoutes téléphoniques à l’origine des poursuites.

p02_rbh09_kiki_police[1]Selon ses avocats, le commissaire Neyret admet certains faits qui lui sont reprochés, comme l’utilisation de drogues pour rémunérer des tontons (indics) et ce qu’il appelle un «péché d’amitié» avec certains protagonistes du milieu lyonnais. Mais il explique qu’il a agi dans le cadre de son métier de policier. L’accusation lui impute des faits d’enrichissement personnel et de commerce de drogues qui vont, selon elle, au-delà des pratiques dont l’article 108 de la LOPPSI2 garantit la légalité. Ce qui est d’ailleurs toujours dénoncé par le collectif Cannabis Sans Frontières et quelques associations (1).

Mais de l’affaire Neyret, à celle de la B.A.C. des quartiers Nord à Marseille, dont les interpellés viennent d’être relaxés, (sauf celui qui a lancé l’alerte!!) aux pseudoscontrôles anti-dopage sur le Tour de France (masquant les forfaits de Lance Armstrong) en passant par d’autres affaires moins exposées médiatiquement, comme celle de cette brigadière du service de nuit de la direction territoriale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, arrêtée pour complicité dans le cadre d’un trafic international de drogues où elle renseignait son compagnon, chef présumé du réseau, ou celle des douaniers ripoux à Roissy qui semblaient bien renseignés pour se servir dans les valises d’argent des trafiquants (2)… Il serait temps d’ouvrir les yeux pour les plus naïfs et d’obtenir justice pour toutes les victimes de cette police à bien des endroits mafieuse. Aux Etats Unis, nos amis du DRC net (drcnet.org) publient régulièrement des informations dans une rubrique «corrupt cops» pour dénoncer cette conséquence de la prohibition. Pour les francophones, il serait utile que les sites RBH23.com ou celui de Cannabissansfrontieres.org consacrent également une page spéciale sur la corruption policière !

Sources :
Reuters + Le Figaro (31/10/2012), cannabisssansfrontieres.org

(1) : lire le communiqué N°44 de Cannabis Sans Frontières : http://cannabissansfrontieres.org/communique-no44-mardi-15-mars,485.html

(2) : lire l’excellent blog de Georges Moréas, ancien commissaire de Police nationale.
http://moreas.blog.lemonde.fr/2012/06/24/cette-affaire-bizarre-des-douaniers-de-roissy/

Image: Kiki © 2012

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