mardi, 12. mars 2013

Qui défend la légalisation?

La consommation de drogues illicites n’est pas réservée exclusivement aux personnes vivant en marge de la société. Généralement les médias se gargarisent dans leurs pages Faits Divers du nom de quelques inconnus pour des infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS), ou vu sous un autre angle parce que leurs activités sont toujours prohibées. On les voit moins faire de la dénonciation (outing) pour révéler l’attitude irresponsable des édiles en place.

Ainsi, on mesure facilement la nature hypocrite de la politique de prohibition aux Etats-Unis, en dressant la liste non exhaustive des responsables politiques ayant admis publiquement leur consommation de drogues illicites. Le maire de New York, Michael Bloomberg ; les Gouverneurs Bruce Babitt (Arizona), Paul Cellucci (Massachussets), Lincoln Chafee (Rhode Island), Lawton Chiles (Floride), Andrew Cuomo, George Pataki et David Paterson (New York), Howad Dean et Peter Shumlin (Vermont), Gary Johnson (Nouveau Mexique), Richard Lamm (Colorado), Sarah Palin (Alaska), Arnold Schwarzenegger (Californie), William Scranton (Pennsylvanie), Jesse Ventura (Minnesota) ; tout comme les trois derniers présidents élus à la Maison Blanche: George W Bush, Bill Clinton, et Barack Obama.
Mais vu la longévité des mandats de certains politiciens français, on peut se demander si l’exercice du pouvoir ne rend pas fortement dépendant, peut-être même plus qu’à la coke…

Sources : wikipedia

Ils sont présidents en exercice, et ils ont eu le courage d’affronter le géant US en proposant de changer de tactique pour améliorer la politique anti-drogues, pour diminuer l’impact de la consommation en dénonçant l’emprise des cartels dans leur pays.

Juan Manuel Santos (Président de la Colombie) : «Nous devrions adopter une nouvelle approche pour endiguer la violence liée aux drogues et les profits issus du trafic… Si cela veut dire légalisation, et que la communauté internationale y voit la solution, alors j’en serai très heureux».

Otto Perez Molina (Président du Guatemala) : «La consommation, la production comme le trafic de drogues devraient être assujettis à une forme de régulation mondiale, ce qui veut dire que la production et la consommation devraient être légalisées selon certaines conditions fixant des limites».

José Mujica (Président de l’Uruguay) : (à propos de la légalisation du cannabis) «L’idée n’est pas de le rendre totalement libre, nous voulons en fait le contrôler au travers d’un réseau d’État qui assurera sa distribution».

Laura Chinchilla (Présidente du Costa Rica) : (qui reconnaissait en conférence de presse à Davos avoir engagé des pourparlers avec des officiels US) «Il s’agit d’envisager l’impact sur la région de la légalisation dans certains Etats US ».

Pour compléter la liste des «irresponsables» fustigés par Jean François Copé, Député-Maire de Meaux, on pourra lire l’article qu’Arnaud Aubron publiait sur son blog Drogues News le 18 juin 2012, où il détaillait les citations de Kofi Annan et de «100 irresponsables» opposés à la guerre aux drogues (1).

Felipe Calderon (ex-Président du Mexique) : «Si la consommation de drogues ne peut être circonscrite, alors les décideurs politiques doivent trouver d’autres solutions, notamment en développant des alternatives au marché actuel, afin de réduire les profits astronomiques réalisés par les organisations criminelles».

(1)
http://blogs.lesinrocks.com/droguesnews/2012/06/18/annan-calderon-lula-les-100-irresponsables-opposes-a-la-guerre-a-la-drogue/

Les positions de Yannick Noah sur le cannabis ou sur le dopage sont bien connues. Son dernier album « Hommage » à Bob Marley le démontre, il n’a pas peur d’affirmer ses convictions antiprohibitionnistes pour lutter contre les discriminations.

Moins connues sont celles défendues par Francis Cabrel qui aura fait le buzz pour la sortie de son album de reprises des grandes chansons de Bob Dylan. En répondant aux lecteurs du Parisien l’interrogeant à propos du débat sur la dépénalisation ou la légalisation du cannabis, il déclarait «Cela m’est égal. Même si je pense que la dépénalisation permettrait de court-circuiter les mafias parallèles. Et que le cannabis ne me paraît pas beaucoup plus nocif que le pastis» précisant au passage qu’il n’a «jamais fumé». Peut-être préfère-t-il la tisane chanvrée ou la galette bretonne au beurre de Marrakech… En tout cas, Dylan dans le texte original est sans doute moins équivoque… Précisons au passage que le pastis est bien plus dangereux pour la santé que le cannabis. Mais personne ne demande l’interdiction du Ricard ? Pour court-circuiter les «mafias parallèles», il faut légaliser, car la simple dépénalisation de l’usage pourrait, par effet pervers, renforcer leur emprise sur le marché.

Aux Etats Unis, où le débat est autrement plus sérieux qu’en France, 81% des personnes interrogées déclarent soutenir la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques ; 72% estiment que la prison n’est pas la solution pour lutter contre la consommation ; environ 50% souhaitent la légalisation du cannabis.

Pot pourri des déclarations de certaines personnalités :

Morgan Freeman (acteur) «Ce sont des lois stupides, qui transforment en délinquants des individus qui n’ont pas d’activité criminelle. Nous dépensons des milliards de dollars pour une guerre que nous ne gagnerons jamais, alors que nous pourrions engranger des milliards en légalisant et taxant le cannabis comme nous le faisons avec l’alcool. C’est idiot».

Brad Pitt (acteur, producteur): «Nous dépensons des milliards de dollars depuis plus de quarante ans. Tant de gens ont eu leur vie affectée par ça… C’est un échec colossal, cette guerre à la drogue est en fait bien utile pour maintenir en souffrance une bonne partie de la société… C’est criminel en soi… La seule manière de mettre fin à la guerre aux drogues, c’est d’en tirer profit».

Jack Black (acteur) : «Si j’étais président, je légaliserais toutes les drogues… et je ne pense pas que cela créerait plus de problèmes. Au contraire, il n’y aurait plus de deal dans les rues, tout cela se passerait dans un magasin spécialisé (drugstore)».

Paul McCartney (musicien) : «Je soutiens la dépénalisation. De toute façon les gens consomment des drogues et les transformer en délinquant n’est pas la bonne solution. C’est quand on est en prison que l’on est confronté à la criminalité».

Pamela Anderson (actrice et mannequin) : «Je pense que le cannabis devrait être légal, taxé et contrôlé. Cela diminuera certainement la corruption à nos frontières, et permettra peut-être sur le long terme d’améliorer la sécurité et d’épargner la jeunesse… tout en créant des emplois et en protégeant l’environnement».

Stephen King (écrivain) : «Le cannabis ne devrait pas seulement être légalisé, mais il pourrait être une clé pour l’agriculture locale… Ma femme dit souvent, et je suis d’accord avec elle, que ce qui serait le mieux pour le Maine serait de légaliser totalement les drogues et de mettre en place des officines spécialisées de la même manière qu’il existe des établissements contrôlés par vendre de l’alcool».

Anita Roddick (Fondatrice de The Body Shop) : «La politique actuelle en matière de cannabis n’a pas de sens. Notre gouvernement devrait moins perdre son temps à réguler l’attitude des individus et se consacrer davantage à faire en sorte que les institutions soient prises au sérieux. La décriminalisation y contribuerait».

Larry Hagman (Acteur – Souvenez-vous de l’ignoble JR Ewing dans la série télévisée Dallas.) Il est décédé le 23 novembre 2012 à la suite de son cancer de la gorge. Il était devenu une des figures emblématiques du combat contre le cancer et le tabac. Dans son livre autobiographique, il confiait qu’il avait consommé plus de quatre bouteilles de champagne par jour pendant 15 ans, y compris lors des tournages de la série Dallas. Une consommation conduisant à une cirrhose du foie diagnostiquée en 1992, qui lui laissait 6 mois d’espérance vitale, avec le cancer de cet organe nécessitant une transplantation.
C’est l’acteur Jack Nicholson qui lui avait fait découvrir le cannabis, lui conseillant la marijuana pour atténuer son grave penchant pour l’alcool. Quelle était la dernière volonté du défunt ? Un brin mégalomane, il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur un champ de cannabis et de blé pour que, dans quelques années, l’on récolte et produise un gâteau géant profitant au plus grand nombre : «Le cannabis est un médicament. La chimiothérapie et mon cancer ont failli me tuer tellement j’étais amaigri en perdant plus du tiers de mon poids, et le cannabis m’a permis de retrouver l’appétit».

Source : marijuanamajority.com

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