dimanche, 25. août 2013

Témoignage d‘un gendarme à propos de l‘usage du cannabis

Comme en écho à la dernière initiative de la campagne électorale «Cannabis Santé Libertés Justice» pour les élections législatives dans la 8ème circonscription de l‘Essonne (1), un gendarme a pris sa plume pour s‘adresser au Président de la République française, François Hollande (2).

Par une gendarme

autour de ce témoignage dont nous publions quelques extraits, le 6 juillet 2012 à Paris, des acteurs de la sécurité publique, du droit et du respect de la loi, se sont réunis pour constituer la branche française du réseau européen LEAP.

Lettre au Président de la République

Monsieur le Président,

Le cannabis doit être l‘objet d‘une légalisation contrôlée par l’État, c‘est une urgente nécessité pour notre pays.

(…)

Je souhaite juste ici, Monsieur le Président, participer, par mon témoignage, à l‘ enrichissement de votre réflexion sur ce sujet. A ma connaissance, peu de gendarmes et plus généralement peu de personnels des forces de l‘ordre consomment eux-mêmes ou ont un a priori positif au sujet du cannabis ainsi qu‘à propos de sa légalisation. Mais les mentalités et les moeurs évoluent sensiblement, progressent et aujourd‘hui, chez beaucoup d‘entre nous ainsi que chez de nombreux magistrats le maintien de l‘interdit apparaît être le problème et non la solution. Encore minoritaire je sais ne plus être un cas isolé et surtout, l‘être moins chaque jour.

(…)

Pour ma part, consommateur récréatif occasionnel de cannabis depuis près de trente sept ans, fervent partisan de sa dédramatisation dans l‘ opinion publique et de sa légalisation, j‘affirme être un père normal, un compagnon normal, un gendarme normal, bref, un homme normal, sérieux, responsable et parfaitement socialisé, loin des clichés de délinquant et de lamentable drogué dépendant.

L‘hypocrisie et l‘ aveuglement qui prévalent quant à cette question dans notre société, parmi ses dirigeants et les principales institutions qui l‘ organisent et la défendent n‘ont que trop duré.

Pour moi-même, comme pour des millions d‘autres usagers, cette situation est inacceptable et révoltante.

Ma démarche publique consiste à ne plus vouloir me taire ni m‘appliquer le trop célèbre adage : pour vivre heureux, vivons cachés, et à le faire très largement savoir. Il est indigne de l‘homme que je veux être et de l‘honnête citoyen que je suis. J‘espère faire des émules, de très nombreux émules et notamment parmi les acteurs de la sécurité publique, du droit et du respect de la loi, ainsi que ceux de la santé publique et du soin palliatif.

(…)

J‘arrête ici la démonstration publique de son innocuité dans le cadre d‘une consommation maîtrisée, avant d‘être accusé de le présenter sous un jour favorable. Je note seulement au passage, qu‘avec seuls des arguments objectifs, incontestables et intelligents, il est illusoire de vouloir le présenter sous un jour exclusivement défavorable de quelque manière qu‘on l‘aborde.

C‘est l‘abus qu‘il faut combattre, pas le produit ! Ça tombe sous le sens commun.

(…)

La France n‘est ni le Massachusetts au XIXème siècle ni l‘Afrique du sud à la même époque, pourtant aujourd‘hui encore il semble que l‘action directe doive venir en complément de toute proposition politique pour faire évoluer la législation dans le sens de l‘intérêt général. Devant ce triste constat, je soutiens bien évidemment sans la moindre réserve l‘idée des «cannabis social clubs» à la française ou toutes autres initiatives citoyennes et courageuses du même acabit visant à sortir l’État de sa frilosité, de sa cécité, de son immobilisme.

(1) http://farid2012.org

(2) http://blogs.lesinrocks.com/droguesnews/2012/07/06/le-cannabis-doit-etre-legalise-lettre-ouverte-dun-gendarme-a-hollande

 

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