jeudi, 2. janvier 2014

Encadrée et responsable – Plaidoyer pour l’auto culture

La Mildt qui doit s’occuper de toutes les toxicomanies y compris des licites, recule devant les lobbies de l’alcool, tolère discrètement le tabac, prodigue des conseils généraux sur les autres substances, focalise total sur le cannabis, et a trouvé une nouvelle piste pour en soutenir l’éradication utopique, la plantation personnelle, source de maux multiples, y compris dans la recherche de bio…

Il faut relire le plan gouvernemental, l’article 2.4.1 et suivants qui ciblent particulièrement l’arsenal à usage personnel du petit planteur.

rbh23_12_05_responsableOr, comme chacun sait, ce consommateur n’est pas franchement problématique. En général, il est adulte, responsable, convenablement installé dans sa vie, et utilise son herbe, saine parce qu’il l’a cultivée lui même, pour se détendre gentiment du stress ambiant. Avec moins de conséquences addictives (cf les différents rapports sur le sujet) et moins de conséquences sociales, violences etc que peut engendrer l’alcool.

Ou alors, il a recours au cannabis, transformé ou pas, en liaison avec des traitements thérapeutiques. Ce qui est parfaitement et universellement reconnu comme utile et bienfaisant maintenant. Et entre le coût d’un pied de beuh, choisi soigneusement pour ses qualités adaptées à sa pathologie, et un produit de laboratoire, pas toujours très bien ciblé, l’usager fait son choix. Et ses comptes. L’important surcoût d’une éventuelle légalité, toute entière tournée vers le profit financier, rejette ceux dont les ressources interdisent ce confort légal . Ce qui n’est pas très moral non plus.

Ce n’est pas en créant de nouvelles brigades chargées de pister l’envoi de graines et autres matériaux que l’on arrivera à juguler quoi que ce soit. Les chiffres des statistiques le démontrent abondamment.

Ce n’est pas non plus en stigmatisant les derniers maillons du trafic ou les petits acheteurs égarés (la France d’en haut a ses filières «sécurisées»), que l’on changera quoi que ce soit.

Encore moins en taxant les acheteurs, plutôt alors encouragés à cultiver et éventuellement à transformer le produit eux mêmes.

Sur fond de crise économique actuelle apparaît plutôt le dealer artisan amateur, y compris senior, victime des rumeurs de la presse, croyant pouvoir relever ainsi un niveau de vie insuffisant.

Les amorces de programmes combatifs, dits de prévention, mal conçus donc inefficaces, ne font que mythifier le produit, et laisser grande ouverte la porte sur des substances nettement plus dangereuses, parfois carrément moins chères, parce que le deal tel qu’on le laisse finalement exister est devenu complètement multicartes. Les trafiquants d’HLM ne font qu’écouler au mieux ce que leur hiérarchie leur procure. Ceux des teufs également.

Vouloir véritablement juguler l’usage du cannabis, réduire au raisonnable sa consommation, ni plus ni encore moins nocive que celle d’autres psychotropes licites, médicinaux ou pas, demanderait une réelle volonté et un courage certain, il faut le reconnaître. Cela ne pourrait se faire que par étapes logiquement réfléchies.

La première étant de reconnaître l’auto-culture convenablement encadrée, transparente, sans aucun soupçon de vente, selon les principes de base des Cannabis social clubs, quel qu’en soit l’usage, récréatif ou thérapeutique.

Dans le même temps, une campagne d’information mettant en garde sur la juste nocivité du produit, ne confondant pas les causes et les conséquences, mais rappelant que l’usage n’est pas anodin quand même, surtout chez les adolescents, qu’il nécessite une vigilance, pourrait avoir alors d’heureuses conséquences.

Il resterait tout le volant social, énorme et complexe, surtout actuellement, à traiter. Dans ce domaine, TAPAJ, initiative de chercheurs bordelais, est rempli de bonnes intentions, la population ciblée paraît néanmoins un peu floue. Mais le concept est très intéressant. Et sa concrétisation pourrait certainement permettre d’approfondir en élargissant carrément la démarche. Ce qui demanderait des moyens appropriés.

Par ailleurs, le discret Portugal nous montre qu’il est possible d’obtenir des résultats positifs.

Le modèle fédéral américain de tolérance officielle pour les Etats qui ont légalisé peut également servir de base. Il est d’ailleurs très proche de celui des cannabis social clubs prônés par ENCOD. Ce n’est pas du laxisme, c’est simplement encadrer et chercher à minimiser les risques en tenant compte des réalités.

De récents sondages montrent que la population se rend compte de la faiblesse du discours officiel, puisqu’elle vote à 50 ou 60% pour la légalisation.

L’auto-culture encadrée peut cohabiter tranquillement avec d’autres systèmes qui eux, pourraient permettre, en générant des taxes, de résoudre les problèmes de survie actuelle, et de ne pas laisser les mafias diriger le système.

Rêvons aux taxes (raisonnables) sur le cannabis pour renflouer les caisses de l’Etat et des banques… mais pourquoi pas pour alimenter les fonds d’ un revenu de base citoyen, à défaut de les consacrer aux écoles…

Réhabilitons pleinement l’attrait du jardinage paisible et réconfortant. Revalorisons la patience un peu inquiète qui surveille la pousse des plantes, leur épanouissement, détecte la moindre petite attaque extérieure pour y remédier avec amour. Réaffirmons le bonheur de beaux produits sains sortis du sol par des soins vigilants. Cette démarche n’entraîne généralement que peu de déviances.

 

Ne laissons pas l’autoculture dans le champ de la désobéissance civile militante.

L’autoculture ne perturbe pas la société et ne met pas en danger la vie d’autrui. Elle refuse simplement une atteinte aux droits humains fondamentaux, tels qu’ils ont été avalisés par la Charte de 1948, dont la France est signataire.

 

par Ananda

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