mercredi, 8. janvier 2014

La santé par les plantes écouter la nature plutôt que la détruire

C’est au vieux Maréchal Pétain que la phytothérapie doit la suppression du diplôme d’herboriste et donc d’avoir été bannie des médications officielles en 1938.

C’est à l’Europe en 2004 puis 2011, qu’elle doit d’avoir vu ses compétences quasiment balayée encore une fois au nom de la sécurité sanitaire, mais surtout pour le plus grand profit financier des gros laboratoires.

rbh23_12_05_plantesL’homologation nécessitée par la directive de 2004 coûtait plus de 60.000 euros par produit et donc interdisait aux petites structures de pouvoir faire reconnaître les vertus anciennes d’une plante ou encore plus d’un mélange de plantes qu’elles distribuaient.

Il n’en reste pas moins que la majorité des médicaments actuels sont des copies, synthétiques ou pas, de principes actifs végétaux. D’ailleurs, ces mêmes laboratoires tout puissants se livrent sans aucune hésitation à une bio piraterie dont le scandale est périodiquement dénoncé sans aucun effet, en parcourant attentivement les régions dans lesquelles la connaissance des plantes reste le meilleur moyen de se soigner. Ils établissent ensuite des brevets qui dépossèdent complètement les autochtones de leur savoir. L’Europe prétend ne pas avoir voulu truster complètement la pharmacopée végétale au profit du chimique.

Effectivement 148 plantes, la lavande, le tilleul, la menthe, la verveine etc ont été laissées en libre disposition, en dehors du contrôle des pharmacies, seules habilitées à dispenser, par dérogation, des conseils thérapeutiques concernant les plantes. Mais le Syndicat des Simples recense en France plus de 1500 espèces utilisables…

Des pays comme l’Allemagne, l’Italie, ou autres comptent plusieurs milliers d’herboristes, la France une petite dizaine.

Mais les couloirs du Ministère sont remplis de démarcheurs obligeants, qui n’hésitent pas à aider, si besoin est, les bonnes œuvres du ministre.

Ce qui aboutit parfois à l’étonnante nécessité de vaccin inutile, dont les mérites furent vantés par haut-parleur dans les gares parisiennes, avant de finir pour 8/10 èmes des quantités achetées dans des incinérateurs adaptés. L’Europe est encore plus sollicitée, bien sûr. Avec le succès que l’on sait.

 

Rapide état des lieux

Pourtant le premier texte connu sur les soins grâce aux plantes remonte à Sumer, civilisation mésopotamienne (l’actuel Irak), il y a 3000 ans, sur des tablettes d’argile. Les Sumériens utilisaient des plantes comme le myrte, le thym, le chanvre et le saule.

Cher vieux saule… son écorce est connue depuis cette époque pour ses vertus curatives. Toutes les pharmacopées grecques ou latines, ainsi que le moyen âge et bien au delà, utilisèrent ses propriétés contre la fièvre et anti-douleur. En 1829, un pharmacien français expérimentateur en obtient des cristaux solubles qu’il baptise salicyline (salix = saule en latin). Plus tard, un chimiste alsacien réussira, à partir de la salicyline, à synthétiser l’acide acétylsalicylique qui deviendra la substance active de l’aspirine. Toute l’histoire de la pharmacopée moderne…

L’Egypte ancienne a contribué également à fournir des répertoires d’utilisation, sans parler bien sûr de Dioscoride et de son De materia medica (traduction latine plus commode d’utilisation) véritable ouvrage médical, écrit vers 60 après JC, dans lequel il recense 1600 produits et leur utilisation médicinale, en très grande majorité végétaux, connus un peu partout à l’époque, car il était un grand voyageur. Son livre sera la base de toutes les pharmacies et sera encore traduit du grec au 17ème siècle. Galien, le médecin de Marc Aurèle laissa également des écrits utilisés jusqu’au siècle des Lumières.

Quant à la Chine, ses recettes phytothérapiques sont plus composites, mais dès 5000 avant JC, elle utilisait les plantes, dans les mélanges interactifs pour soigner.

En Europe, jusque vers la fin du 19 ème siècle, et l’apparition de la chimie moderne, les plantes étaient l’essentiel de la médication. L’usage millénaire a renseigné sur quelle partie convenait au mieux pour but recherché : fleur, écorce, bulbe, racine, partie aérienne, fruit, etc, sur quelle méthode d’utilisation permettant d’extraire au mieux les substances utiles, décoction, poudre, huile, simple saupoudrage, sur le dosage à respecter…

Le savoir existe mais il ne génère pas actuellement de retour financier considérable, ce qui contribue à rejeter cette médication aux pouvoirs certains, qui ne cherche pas à remplacer les prescriptions chimiques qui parfois s’imposent, mais peut grandement contribuer à pallier leurs effets secondaires, qui a des résultats éprouvés pour de nombreuses petites pathologies.

 

Pourquoi une telle apologie des possibilités thérapeutiques végétales ?

Ce n’est pas pour revenir au temps de la bougie, comme disent les «pro-nucléaires» convaincus. Simplement, les recherches actuelles concernant de nombreuses potentialités du cannabis sativa L, démontrent bien que la phytothérapie est d’une actualité tout à fait contemporaine, pour peu que l’on fasse preuve de bon sens objectif. Des sites sérieux, comme celui de Tikum Olam israélien et bien d’autres, y compris français, différents manuels, portent témoignage officiellement des bienfaits que les variétés adaptées aux pathologies peuvent apporter aux patients.

Cette médecine millénaire a également l’énorme avantage d’être accessible à tous, sur le plan financier, sans le recours d’une assistance sociale bien mise à mal. La Jack Herrer de Bedrocan peut aussi s’obtenir en auto culture. Pour des avantages similaires et un prix de revient différent.

D’un point de vue plus général, alors que périodiquement il y a alerte sur la surconsommation d’anxiolytiques par exemple, pourquoi ne pas remettre à l’honneur le millepertuis, beaucoup utilisé en Allemagne, dont les résultats sont très intéressants, et que seuls quelques rares médecins ou pharmaciens signalent comme alternative à des produits chimiques plus addictifs, vantés régulièrement par les commerciaux des laboratoires. Les exemples de ce type sont nombreux.

Pourtant la médication par les plantes, quelles qu’elles soient n’est pas anodine. Elle nécessite des spécialistes qui guident les utilisateurs et réfutent les croyances erronées, dont beaucoup circulent sur le net.

 

L’usage thérapeutique du cannabis n’y échappe pas

Cette plante, comme beaucoup d’autres, est d’un grand intérêt scientifique et pharmacologique. Elles ne sont peut-être pas toujours totalement efficientes. Mais leur combinaison ne peut être que profitable aux patients éprouvés par la chimie lourde ou même, parfois, presque inutile sauf pour les profits financiers de gros groupes. Un ministère de la santé publique pourrait diligenter une commission dont le travail permettrait de remettre à l’honneur un savoir millénaire actualisé, ce qui entourerait et sécuriserait une utilisation accessible à tous.

Il serait temps que l’ordonnance signée par un vieillard sans doute séduit, vu l’époque, par une prétendue modernité, soit revue et corrigée. Certaines directives européennes ne sont pas si contraignantes qu’on veut bien le faire paraître, sauf à s’en contenter sous des pressions peu avouables.

 

par Ananda

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